Attentats de Paris : les confidences d’Abdelhamid Abaaoud

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C’était le 17 novembre dernier, quatre jours après les attentats, aux environs de 21h30, qu’une cousine d’Abdelhamid Abaaoud, la nommée Hasna Aït Boulahcen, est allée récupérer Abdelhamid Abaaoud, le cerveau présumé des attentats terroristes de Paris et de Saint-Denis dans un buisson à la rue des Bergeries à Aubervilliers.

Cette nuit-là, Hasna est accompagnée d’une de ses amies. Les deux femmes se sont connues un mois plus tôt alors que Hasna rentrait d’un séjour de plusieurs mois au Maroc, le pays de ses parents.

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Quatre jours après les attentats de Paris et Saint-Denis, Hasna avait reçu 750 euros en provenance d’un ami d’Abaaoud résidant à Bruxelles via Western Union. Elle avait décidé de sauver Abdelhamid Abaaoud avec lequel elle a repris contact en Avril via Facebook. Pour retrouver Abaaoud, Hasna était guidée par un complice non identifié d’Abaaoud qui réside en Belgique via le téléphone.

Quand Abaaoud sort du bois avec un acolyte non identifié, il « ressemble à un Roumain ». Le terroriste porte un bob de couleur crème et des baskets orange. Sous son blouson gonflé, apparaît du matériel qui pourrait être des armes ou des gilets explosifs.

La mission de Hasna était de cacher Abaaoud pendant 48 heures, le temps pour lui de se réorganiser et de repasser à l’action.

Abaaoud voulait commettre un nouvel attentat terroriste le 19 novembre dernier, il prévoyait de faire exploser une bombe au centre commercial de la Défense, près de Paris, et de viser un commissariat de police, confia-t-il. Mais dans l’immédiat, il avait besoin d’un point de chute et de se fondre dans la population. Il donna 4 000 euros à sa cousine afin qu’elle lui acheta deux costumes, deux paires de chaussures et des couvertures.

Grâce à Mouss, son dealer, Hasna a trouvé un appartement à Saint-Denis. Un squat qui « appartient » à Jawad Bendaoud, délinquant multirécidiviste en cheville avec Mouss, et que la jeune femme a visité un peu plus tôt dans la journée. C’est là qu’Abaaoud et son complice s’installèrent avec armes et bagages.

Hasna confia à l’une de ses amies que dans cet appartement, elle avait « joué avec la kalach ». Elle a également raconté que des voisins voulaient sympathiser avec les nouveaux « locataires », mais qu’ils avaient été éconduits, car ces derniers « préparaient leurs bombes et ne voulaient pas être dérangés ».

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Par ailleurs, un autre témoignage recueilli par l’intermédiaire du numéro vert mis en place par la police judiciaire laissait entendre qu’Abaaoud et son complice s’étaient rendus dans l’appartement de Saint-Denis équipés de ceintures d’explosifs. Des informations capitales pour préparer l’assaut du Raid, lancé deux jours plus tard contre la cache des terroristes, et qui expliquent sans doute la tactique de sursaturation de tirs employés par le corps d’élite de la police nationale.

Quelques jours après les attentats, Le Point était allé frapper à la porte du témoin décisif qui avait permis la localisation, puis la mise hors d’état de nuire de l’organisateur du plus meurtrier des attentats – 130 morts, 600 blessés – commis en France. Aucune mesure de protection n’avait été mise en place sur les lieux par la police ni par la justice, alors que le parquet comme le cabinet du ministre de l’Intérieur décrivaient ce témoin comme étant en danger de mort, dissuadant les journalistes de l’approcher. C’est grâce à lui qu’Abaaoud a été neutralisé et non pas en raison du travail des services de renseignements.

Source: lepoint.fr

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