Charles Blé Goudé brise le silence, à travers un livre, ses révélations sur le terrorisme en Côte d’Ivoire

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Détenu à la CPI (la Cour pénale internationale) de la Haye pour crimes contre l’humanité commis durant la crise post-électorale ivoirienne de 2010, Charles Blé Goudé l’ex leader de la galaxie patriotique ivoirienne, Charles Blé Goudé  aussi appelé le  « général de la rue », a sorti le vendredi 25 mars, un livre intitulé  »De l’enfer je reviendrai », dans lequel il livre tous les détails de sa vie depuis son exil au Ghana jusqu’aujourd’hui, en passant par sa détention à la DST.

Son exil au Ghana
Au sujet de son exil qui a duré deux années, Charles Blé Goudé apprend qu’il n’avait jamais quitté le Ghana. Alors que les médias révélaient la présence du leader de la jeunesse pro-Gbagbo dans plusieurs pays africains.  « Des articles de presse m’annoncent souvent en Gambie, en Afrique du Sud et dans d’autres pays ouest-africains. La réalité est tout autre. Depuis mon départ forcé de la Côte d’Ivoire, je ne suis jamais sorti du Ghana. Tous les écrits publiés à ce sujet ne sont que le fruit de l’imagination de certains journalistes », affirme-t-il.

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Le tout dernier ministre de la Jeunesse, de la Formation professionnelle et de l’Emploi de Laurent Gbagbo,clame dans son œuvre littéraire son innocence face aux attaques de mercenaires venues du Liberia dont la responsabilité lui a été attribué. Selon lui, il n’aurait jamais séjourné dans le nord du Mali contredisant ainsi les théories qui annonçaient que Charles Blé Goudé avait pris des contacts avec « des jihadistes et les putschistes auteur du coup d’état contre l’ex-président Amadou Toumani Touré ».

Il affirme avoir été détenu dans une cuisine puis à la DST
Du Ghana où Charles Blé Goudé s’était exilé, il sera extradé vers la Côte d’Ivoire, le 17 janvier 2013. Il  réfute également avoir été maintenu en résidence surveillée, comme  l’ont annoncé les autorités ivoiriennes après son extradition. Il affirme avoir été gardé dans le secret pendant plusieurs mois dans des conditions déplorables notamment dans une cuisine. « Ce minuscule espace d’à peine 2 m² me sert de couchette, de toilettes et j’y prends mon repas », explique-t-il.

Blé Goudé affirme avoir été gardé à l’époque par un commando de FRCI, dirigé par un homme de main du Ministre de l’Intérieur  Hamed Bakayoko, avant d’être transféré à la Direction de la surveillance du territoire (DST), où il aurait ensuite été emprisonné. Le prisonnier évoque dans son livre le traitement dégradant et inhumain qu’il a subi durant son séjour, remettant ainsi en cause les photos que le ministre de l’Intérieur avait. En réponse aux mêmes accusations, publié en Mars 2014. Sur ces images l’on apercevait Charles Blé Goudé en parfaite santé et détenu dans des conditions décentes.

Voisin de cellule d’un proche collaborateur de Mokhtar Belmokhtar »
Dans l’œuvre « De l’enfer je reviendrai », Charles Blé Goudé évoque dans un chapitre entier un personnage qui fût son voisin de cellule durant neuf mois dans les locaux de la DST. Il s’agit d’un certain Mohamed Abu Mustapha (MAM), qui serait « l’homme à tout faire de Mokhtar Belmokhtar », le chef des jihadistes maliens d’Al-Mourabitoune. L’auteur affirme que Mohamed Abu Mustapha aurait fait à son co-détenu ivoirien cette confidence très éclairante à la lumière des derniers événements de Grand-Bassam : « Tant qu’ils ne nous laisseront pas en paix, ils ne connaîtront plus jamais la paix. Ici, en Côte d’Ivoire, on a fini nos repérages : l’hôtel Pullman, l’hôtel Ivoire et Assinie. Là, on est sûrs d’atteindre nos cibles, qui sont les Européens, surtout les Français, et les autorités ivoiriennes. »

Il voulait être transféré à La Haye
Dans son livre, Charles Blé Goudé parle peu de la Cour pénale internationale. Il évoque néanmoins son départ pour la Cour Pénal International le 22 mars 2014. Pour lui son transfèrement a plutôt été comme une sorte de délivrance. Convoquée devant une Chambre d’accusation qui doit décider s’il sera jugé à La Haye ou à Abidjan, alors que le gouvernement venait d’autoriser son transfèrement, l’ancien président du Cojep raconte qu’il avait choisi la CPI espérant échapper à une justice ivoirienne qu’il juge « aux ordres ».

« Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je suis pressé de quitter Abidjan, de quitter la Côte d’Ivoire, de quitter mon propre pays, mon pays bien aimé. En vérité, j’étais en train de mourir à petit feu dans cette détention au secret », confie-t-il. Et de conclure : « Pour moi, la CPI n’est pas une fin, c’est plutôt un début ».

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 Nelson Mandela
Dans son ouvrage le « Général de la rue » fait beaucoup référence  à Nelson Mandela. Pas un chapitre n’échappe à une citation sur Madiba . Sur le pardon, sur la détention, sur la souffrance face à un régime autoritaire. De l’introduction à la fin du récit, la référence à l’Afrique du Sud est partout.

Lors de son audience de confirmation de charges en septembre 2014 Charles Blé Goudé avait affirmé qu’il était très heureux de retrouver son mentor Laurent Gbagbo.

Le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé  ouvert depuis le 28 janvier dernier a été suspendu le jeudi 16 mars dernier. La CPI annonce la reprise pour le 9 mai prochain.

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