Zambie : Dambisa Moyo une économiste pas comme les autres

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Dambisa Moyo, Économiste, femme d’influence, spécialiste en macroéconomie, et développement international s’est faite une place honorable sur la scène économique internationale. Toujours contre le système actuel de l’aide au développement, elle écrit et  publie en 2009.« L’aide fatale : les ravages d’une aide inutile et de nouvelles solutions pour l’Afrique ».

Ce chef d’œuvre a été un best-seller mais lui a valu aussi des attaques de toutes sortes. Une polémique qui a permis au monde de reconnaître les capacités et le dynamisme de la jeune Zambienne diplômée d’Oxford, de Harvard et de l’Université de Washington. Elle a également travaillé en tant que consultante auprès de la Banque mondiale et dans les marchés de la dette chez Goldman Sachs.

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Dambisa Moyo n’a pas eu d’acte de naissance car la législation en vigueur en Zambie lors de sa naissance ne le permettait pas, . Elle l’évoque en 2013 avec un esprit de revanche.

Non reconnue à ma naissance en tant qu’être humain, me voici au terme de ces 40 années, exprimant mon opinion devant l’illustre assemblée de TED.

Pour elle, L’aide fatale doit en partie son succès à sa plume africaine.

Je pense que le fait que cet ouvrage préparé pendant plusieurs années soit celui d’une Africaine a beaucoup plus d’impact et mérite une particulière attention.

Comme toile de fond de son best-seller, elle soutient que l’aide au développement est intrinsèquement malfaisante pour les pays africains.

L’aide n’est pas la solution, c’est une partie du problème – en fait l’aide est le problème.

Selon l’économiste zambienne, ce n’est pas tant le quantum que l’utilisation des fonds alloués qui pose problème.”L’aide maintient l’économie dans un état de paralysie… [car]l’argent n’est pas utilisé pour des activités économiques durables en Afrique”.

Son diagnostic est sans appel. “L’assistance a été et continue d’être, pour la plus grande partie du monde en développement, un total désastre sur le plan politique, économique et humanitaire”.

Un désastre qui a servi la cause de la corruption et de la mal-gouvernance. ”Une assistance au développement sans limite aux gouvernements africains a favorisé la dépendance, encouragé la corruption et, en fin de compte, perpétué la gouvernance médiocre et la pauvreté”.

Un désastre aux motivations essentiellement politiques.

Les donateurs occidentaux ont une industrie de l’aide à entretenir, des fermiers dont il faut calmer les esprits (ces fermiers sont vulnérables quand les barrières commerciales sont supprimées), des électeurs progressistes dont les intentions altruistes sont exigeantes – et puis, à cause de leurs propres difficultés économiques, très peu de temps libre pour s’inquiéter du drame de l’Afrique. Pour un politicien occidental, maintenir le statu quo de l’aide est la solution la plus facile : il s’agit juste de signer un chèque.

Elle place en première ligne sur son échelle de responsabilité les élites, passives, hypocrites voire complices. ‘L’un des aspects les plus déprimants de ce fiasco de l’aide est que donateurs, politiciens, gouvernements, universitaires, économistes et spécialistes, tous savent, au plus profond d’eux-mêmes, que l’aide ne marche pas, qu’elle n’a jamais marché et qu’elle ne marchera jamais”.

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Elle se montre d’un relatif pessimisme au sujet de la démocratie, censée guider l’Afrique vers le développement. “Ce qui est clair c’est que la démocratie n’est pas le préalable de la croissance économique, comme le soutiennent les champions de l’aide. Au contraire, c’est le développement économique qui est le préalable de la démocratie (et ce dont le développement n’a pas besoin, c’est de l’aide’.

Si elle s’oppose à l’aide au développement à l’occidentale, elle voit plutôt d’un bon œil les investissements chinois en Afrique. Elle y consacre d’ailleurs un chapitre entier de son livre.

Les Chinois sont nos amis.

Dambisa Moyo aura eu le mérite du courage. Préfacé par le professeur à Harvard et historien Niall Ferguson, L’aide fatale affiche sur sa jaquette des citations du PDG de Forbes Steeve Forbes et de l’ancien Secrétaire Général des Nations Unies Koffi Annan pour qui « Dambisa Moyo montre de façon convaincante le besoin d’une nouvelle approche sur l’Afrique ». De quoi encourager celle qui collabore régulièrement avec les journaux financiers tels que le Financial Times et le Wall Street Journal et a fait de la suppression progressive de l’aide au développement son cheval de bataille,

peut-on lire sur ecceafrica.com

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