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Éthiopie : sept groupes armés s’allient contre Abiy Ahmed

Des forces tigréennes, des milices Fano et l’Armée de libération oromo annoncent un front commun.

Sept groupes armés éthiopiens annoncent leur union contre le gouvernement fédéral. Rendue publique dimanche 20 septembre, cette alliance réunit notamment des forces tigréennes, des milices nationalistes amhara Fano et l’Armée de libération oromo. Leur objectif déclaré : écarter le pouvoir en place et ouvrir la voie à un gouvernement de transition.

Amanuel Assefa, vice-président du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), affirme que les discussions entre les différentes formations duraient depuis plus d’un an. Selon lui, Zemene Kasse, une figure des Fano, doit prendre la tête de la coalition.

Un front commun entre anciens adversaires

L’annonce intervient alors que des concentrations de troupes fédérales et tigréennes ont été signalées ces derniers mois aux abords du Tigré. Elle rapproche surtout des mouvements qui n’ont pas toujours combattu dans le même camp.

Durant la guerre du Tigré, les Fano s’étaient battus aux côtés des forces fédérales. Ils ont ensuite pris les armes contre le gouvernement en 2023, après une initiative visant à les désarmer. L’Armée de libération oromo mène, de son côté, une insurrection en Oromia.

Ces trajectoires différentes compliquent la construction d’une coalition durable. Des litiges territoriaux persistent, notamment autour de l’ouest du Tigré, une zone disputée entre Amhara et Tigréens.

La coordination militaire reste à démontrer

Amanuel Assefa assure que les partenaires entendent régler leurs désaccords par la discussion. Mais l’annonce d’une alliance ne permet pas encore d’évaluer sa capacité à coordonner des opérations ou à définir un projet politique commun.

Le chercheur Kjetil Tronvoll estime qu’une coordination réelle pourrait multiplier les fronts auxquels le gouvernement doit faire face. Il souligne toutefois les moyens militaires fédéraux, notamment les drones, et les différences idéologiques entre les mouvements.

Les autorités fédérales n’avaient pas répondu à la demande de réaction mentionnée dans les informations disponibles lors de l’annonce. À ce stade, il s’agit donc d’un front revendiqué par ses membres, pas d’un changement de pouvoir.

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