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Trump étend le réseau d’expulsion des États-Unis en Afrique, un pays ouest-africain accepte d’accueillir 1 200 personnes

Trump étend le réseau d'expulsion des États-Unis en Afrique, un pays ouest-africain accepte d'accueillir 1 200 personnes

Le Libéria a accepté d’accueillir jusqu’à 1 200 personnes expulsées des États-Unis au cours des 12 prochains mois, élargissant ainsi le recours du président Donald Trump aux pays africains comme destinations pour les migrants qui ne sont pas renvoyés directement dans leur pays d’origine.

Le premier groupe de 20 personnes expulsées devrait arriver au Libéria le jeudi 20 août, selon le gouvernement libérien.

Parmi les migrants figureront des citoyens de pays africains et de nations de l’hémisphère occidental ayant reçu l’autorisation médicale de voyager. Leurs nationalités n’ont pas été divulguées.

Le ministre de l’Information, Jerolinmek Piah, a déclaré que les personnes expulsées l’étaient principalement pour infractions à la législation sur l’immigration. Les autorités libériennes ont indiqué que chaque personne avait fait l’objet d’un contrôle de sécurité avant d’être autorisée à être transférée.

Cet accord fait du Libéria l’un des plus importants participants déclarés au programme d’expulsion de ressortissants de pays tiers mis en place par l’administration Trump en Afrique.

Les personnes expulsées seront traitées comme des « invités ».

Le Libéria a déclaré que les personnes expulsées entreraient dans le pays en tant qu’« invités » et non en tant que prisonniers.

Ils pourront demander l’asile au Libéria ou se rendre dans un autre pays s’ils peuvent le faire légalement. Le gouvernement n’a pas précisé le statut d’immigration qui s’appliquera à ceux qui ne demandent pas l’asile et pour qui aucun autre pays n’est disposé à les accueillir.

On ignore également où les personnes expulsées vivront, combien de temps elles pourront rester au Libéria et quel organisme gouvernemental prendra en charge leurs frais d’hébergement, de nourriture, de soins de santé et de procédure juridique.

Le Libéria a déclaré qu’il n’exigeait aucune compensation en échange de l’acceptation des personnes expulsées et a qualifié cet arrangement d’humanitaire plutôt que de compromis direct avec Washington.

Le gouvernement a toutefois reconnu qu’il bénéficierait du soutien des États-Unis pour administrer le programme et renforcer son système migratoire. Il n’a pas précisé la nature, la forme ni les conditions de cette aide.

L’absence de détails financiers est significative car des accords de cette nature peuvent nécessiter un financement pour le logement, le traitement des demandes d’asile, les contrôles de sécurité, les soins de santé et le voyage volontaire ultérieur.

Le nombre de réfugiés admis pourrait doubler le nombre de réfugiés au Libéria.

Le nombre maximal de réfugiés couverts par l’accord est considérable comparé à la population réfugiée actuelle du Libéria.

Le Libéria accueille actuellement environ 1 167 réfugiés reconnus et 687 demandeurs d’asile, selon l’ agence des Nations Unies pour les réfugiés .

Si les 1 200 personnes expulsées arrivent toutes, le nouveau contingent à lui seul serait légèrement supérieur à la population totale de réfugiés reconnue du pays.

Tous les migrants transférés des États-Unis ne demanderont pas nécessairement le statut de réfugié. Ce chiffre illustre néanmoins la charge administrative potentielle qui pourrait peser sur les institutions libériennes chargées de l’asile et des migrations.

Le Comité d’asile du pays a enregistré environ 100 nouvelles demandes et a accordé le statut de réfugié à 55 personnes lors de la première étape en 2025. Le traitement de centaines de demandes supplémentaires représenterait donc une augmentation considérable de sa charge de travail.

Le Libéria est partie à des accords internationaux, notamment la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, son Protocole de 1967 et la Convention contre la torture.

Ces engagements l’obligent à respecter le principe de non-refoulement, qui empêche les autorités de renvoyer des personnes vers des pays où elles risquent d’être persécutées, torturées ou de subir d’autres préjudices graves.

Le Libéria passe du déni à un accord à grande échelle

En juin 2025, le Libéria a publiquement rejeté les informations selon lesquelles il aurait accepté d’accueillir des personnes expulsées de pays tiers en provenance des États-Unis.

À l’époque, son ministère des Affaires étrangères avait déclaré qu’il n’y avait aucune négociation ni aucun accord, formel ou informel, obligeant le pays à accueillir des ressortissants non libériens.

Cette position a commencé à évoluer plus tard en 2025, Washington accentuant la pression sur les gouvernements pour qu’ils participent à son programme d’expulsion.

Le Libéria a par la suite accepté d’accueillir Kilmar Abrego Garcia, un ressortissant salvadorien dont le cas d’immigration a donné lieu à un important différend juridique et politique aux États-Unis.

Monrovia a déclaré qu’elle l’accepterait temporairement pour des raisons humanitaires et a promis un contrôle de sécurité, le respect des procédures légales et une protection contre son expulsion vers un pays où il pourrait être gravement menacé.

Ce nouveau dispositif, qui concerne jusqu’à 1 200 personnes, transforme ce que le Libéria présentait auparavant comme une décision humanitaire exceptionnelle en un programme de migration beaucoup plus vaste.

Ahmad Diallo

Je suis Ahmad Diallo, Rédacteur en chef chez AfrikMag. Très friand de lecture, de rédaction et de découverte. Mes domaines de prédilection en matière de rédaction sont la politique, le sport et les faits de société. Email : [email protected]

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