
Les citoyens africains paient des frais parmi les plus élevés au monde pour obtenir des passeports internationaux, alors même que les militants et les décideurs politiques appellent à une stratégie d’immigration continentale plus unifiée.
Dans de nombreux cas, ces documents de voyage offrent une mobilité mondiale limitée, la plupart des pays hors d’Afrique imposant des restrictions supplémentaires ou des frais d’acceptation plus élevés.
Partout en Afrique, les passeports restent coûteux et souvent inaccessibles. L’augmentation des frais reflète parfois des politiques gouvernementales qui, involontairement ou délibérément, découragent les voyages.
Malgré l’importance croissante de la mobilité mondiale pour le commerce, l’éducation et le travail, de nombreux pays facturent des frais qui consomment des mois de revenus tout en offrant un accès limité sans visa.
Selon l’ indice des passeports Henley (T3 2025) et les récentes mises à jour du gouvernement, le Nigéria sera classé aux côtés d’autres pays ayant des coûts de passeport élevés, notamment le Cameroun (181 $), la RD Congo (178 $) et le Zimbabwe (170 $).
Ces frais représentent un fardeau important, surtout si l’on considère le contraste frappant avec le salaire minimum mensuel, qui varie de 46 dollars au Nigéria à 90 dollars en RD Congo, ce qui souligne un écart notable en matière d’accessibilité financière.
Résumé des coûts des passeports dans 9 pays africains
| Pays | Frais de passeport (USD) | Salaire minimum (USD/mois) | Classement de l’indice Henley Passport au troisième trimestre 2025 | Destination sans visa |
|---|---|---|---|---|
| Soudan | 100 $ | 60 $ | 92e | 41 |
| Cameroun | 181 $ | 80 $ | 85e | 49 |
| Zimbabwe | 170 $ | 75 $ | 73e | 65 |
| Nigeria | 65 $ à 131 $ | 46 $ | 88e | 45 |
| Algérie | 137 $ | 190 $ | 81e | 55 |
| Ouganda | 70 $ | 86 $ | 70e | 70 |
| RD Congo | 178 $ | 90 $ | 90e | 43 |
| Sierra Leone | 100 $ | 75 $ | 72e | 65 |
| Guinée équatoriale | 137 $ | 110 $ | 80e | 56 |
Plusieurs pays africains, dont le Nigéria, le Ghana, le Zimbabwe et le Kenya, ont récemment révisé leurs frais de passeport pour tenir compte des coûts administratifs et de production.
Bien que ces mises à jour visent à normaliser les frais et à améliorer la prestation de services, ils restent élevés par rapport aux revenus moyens.
Au Nigéria, le service d’immigration a annoncé qu’à compter du 1er septembre 2025, les citoyens paieront 100 000 ₦ (65 $) pour un passeport de 32 pages, 150 000 ₦ (97 $) pour un passeport de 64 pages et 200 000 ₦ (130 $) pour un passeport diplomatique, alors même que près de la moitié des Nigérians gagnent moins de 31 $ par mois, ce qui fait des voyages internationaux une entreprise coûteuse.
Au Ghana, le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a récemment annoncé une réduction du coût des passeports ordinaires de 500 GH₵ à 350 GH₵, allégeant ainsi le fardeau financier des citoyens.
Au Zimbabwe, le prix d’un passeport standard est passé de 120 à 150 dollars, tandis qu’au Kenya, le coût d’un passeport standard est passé de 4 500 à 7 500 shillings, reflétant des ajustements gouvernementaux plus larges.
Des pressions économiques similaires persistent en RDC et au Cameroun, où les citoyens dépensent souvent plusieurs mois de salaire pour obtenir des documents de voyage, ce qui met en évidence les obstacles financiers auxquels de nombreux Africains sont confrontés pour accéder à la mobilité internationale.



