Guinée : un journaliste tabassé par la garde présidentielle, il explique les faits.

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Abdoul Malick Diallo, est journaliste guinéen qui collabore avec l’hebdomadaire Le Populaire et le site Aminata.com. Le samedi 25 juin dernier, se tenait l’assemblée générale habituelle du parti au pouvoir le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG). Présent sur les lieux pour la couverture médiatique à l’instar de ses homologues, il a été passé à tabac par un membre de la garde présidentielle, pour avoir simplement pris une photo du président Alpha Condé pour illustrer son article.

Par ailleurs, l’Association guinéenne de la presse en ligne a affirmé sur RFI soutenir le journaliste dans l’action en justice qu’il compte mener, alors que l’ONG Reporters sans frontières demande que les militaires auteurs de l’agression « soient sanctionnés ». Contacté par Le Monde Afrique, le journaliste a répondu à quelques questions.

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Pouvez-vous nous expliquer ce qu’il s’est passé ?

Abdoul Malick Diallo Je suis allé au siège du RPG Arc-en-ciel pour couvrir leur assemblée générale hebdomadaire pour les médias pour lesquels je travaille, l’hebdomadaire Le Populaire et le site en ligne Aminata.com. Alpha Condé était annoncé, il est venu et a fait un discours. A la fin, au moment où le président Condé ressortait dans la rue, j’ai sorti mon appareil photo pour illustrer l’article web que j’allais écrire. Un soldat des « bérets rouges », la garde présidentielle, m’a pris à parti et m’a demandé de supprimer les photos que je prenais.

Je ne comprenais pas pourquoi, car beaucoup de monde autour de moi prenait aussi des photos avec leur téléphone. J’ai quand même répondu que je pouvais les supprimer, que ce n’était pas un problème. Mais d’autres « bérets rouges » sont intervenus, ont saisi mon appareil et m’ont emmené dans leur pick-up, direction la présidence où sont basées les forces spéciales.

Ils m’ont insulté et bousculé, mais c’est une fois arrivé à la base qu’un autre m’a frappé. J’étais en train de lui expliquer ce qu’il s’était passé, il m’a donné un violent coup de poing dans la poitrine, je me suis écroulé et évanoui. Un autre journaliste présent à la présidence est venu à mon secours, m’a relevé. Les soldats de la garde présidentielle ont dit que je leur avais parlé peul, ce qui est faux. Et même si je l’avais fait, je ne comprends pas pourquoi cela devrait être interdit.

Comptez-vous donner des suites à cet incident ?

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Je viens d’arriver à Conakry où je vais aller voir mon avocat et porter plainte contre X. Je suis soutenu par l’Association guinéenne de la presse en ligne, qui m’a conseillé de porter plainte.

Est-ce la première fois que cela vous arrive ?

A moi, oui. Mais cela arrive souvent. La dernière fois remonte à deux mois de cela, un journaliste a été menacé d’être emmené à la présidence. Il n’a pas porté plainte pour cela. Quand on porte plainte, de toute façon, c’est juste pour les annales de l’Histoire. Cela n’aboutit jamais.

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