
La recrudescence des violences au Mali a contraint la Côte d’Ivoire à instaurer une fermeture d’urgence de sa frontière. Les autorités affirment que cette mesure est nécessaire pour gérer l’afflux soudain de réfugiés fuyant les attaques dans le sud du pays sahélien.
La Côte d’Ivoire a renforcé la sécurité le long de sa frontière nord suite à un afflux inattendu de réfugiés fuyant les violences au Mali voisin.
Cette situation, qualifiée par les autorités de « plusieurs flux inhabituels de réfugiés », témoigne de l’instabilité persistante au Sahel et de ses répercussions sur les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest.
Selon un communiqué publié jeudi, le Conseil national de sécurité (CNS) de Côte d’Ivoire a lié cet afflux soudain à des « attaques contre des civils menées par des groupes terroristes armés dans plusieurs zones du sud du Mali ».
Le Conseil a déclaré avoir agi rapidement pour s’assurer que les personnes arrivant sur le territoire soient correctement enregistrées, précisant que « le Conseil national de sécurité a chargé son secrétaire exécutif de prendre toutes les mesures nécessaires pour enregistrer ces demandeurs d’asile ».
Outre la réponse humanitaire, le gouvernement a ordonné à l’armée d’accroître sa présence le long de la frontière nord.
Le Conseil national de sécurité a ajouté que « le chef d’état-major des forces armées a reçu pour instruction de prendre les mesures appropriées pour renforcer la sécurité aux frontières nord de notre pays », signalant une inquiétude accrue quant aux infiltrations transfrontalières potentielles de groupes armés.
Dynamisme économique malgré l’incertitude sécuritaire
L’afflux de réfugiés survient à un moment crucial pour la Côte d’Ivoire, qui a récemment tenu son élection présidentielle le 25 octobre 2025 et continue de bénéficier d’une reconnaissance internationale pour sa saine gestion économique.
Le pays a été largement salué pour le maintien de sa stabilité macroéconomique et d’un environnement politique prévisible qui réduit les risques pour les investisseurs, renforçant ainsi sa position parmi les destinations d’investissement les plus attractives d’Afrique de l’Ouest.
En 2024, la Côte d’Ivoire s’est classée troisième en Afrique pour les investissements directs étrangers , attirant 3,80 milliards de dollars, soit une augmentation remarquable de 53 % par rapport à l’année précédente.
Cette dynamique s’est poursuivie en 2025, avec notamment la mise en service d’une cimenterie Dangote d’une capacité de 3 millions de tonnes à Attingué.
Plusieurs pays, dont l’Italie , les États-Unis et la France, ont émis des avertissements aux voyageurs à l’intention de leurs citoyens, invoquant des risques sécuritaires croissants alors que le gouvernement fait face à une pression grandissante de la part d’insurgés liés à Al-Qaïda qui font respecter le blocus.
La dernière attaque contre la ville de Loulouni, située à environ 50 km de la frontière ivoirienne, a contraint des centaines d’habitants à fuir cette semaine, aggravant ainsi la crise humanitaire qui pèse sur les pays voisins.
Pressions humanitaires croissantes
La Côte d’Ivoire, qui accueille déjà environ 90 000 réfugiés du Burkina Faso, doit désormais faire face à des demandes supplémentaires avec l’arrivée de ressortissants maliens.



