
Un juge malien a ordonné la restitution de trois tonnes d’or, d’une valeur d’environ 400 millions de dollars, saisies il y a près d’un an sur le complexe Loulo-Gounkoto de Barrick Gold, a rapporté Reuters.
Cette décision intervient alors que le gouvernement militaire malien, dirigé par le général Assimi Goïta, poursuit un mandat présidentiel de cinq ans dans un contexte d’instabilité politique persistante et d’efforts pour rendre le pays plus attractif aux yeux des investisseurs étrangers.
Les lingots, contenant la totalité de l’or saisi, sont détenus à la Banque Malienne de Solidarité à Bamako depuis janvier, date à laquelle ils ont été confisqués par un hélicoptère militaire suite à une décision de justice.
Cependant, selon la dernière décision, Barrick sera responsable du transport de l’or depuis les coffres, ce qui constitue un pas vers la normalisation des opérations au complexe de Loulo-Gounkoto.
Un accord met fin à un long conflit.
Le retour de l’or fait suite à l’accord conclu le mois dernier entre Barrick et le gouvernement malien , dans lequel la société a accepté un règlement de 244 milliards de francs CFA (430 millions de dollars), mettant fin à un différend de deux ans qui avait interrompu les opérations dans l’une de ses principales mines d’or.
Le bras de fer portait sur un nouveau code minier introduit par le gouvernement militaire, qui augmentait la part du Mali dans les revenus provenant des mineurs d’or, dans un contexte de prix records.
Dans le cadre de cet accord, Barrick a accepté de verser 430 millions de dollars. Par ailleurs, un administrateur provisoire désigné par le tribunal devrait reprendre le contrôle du complexe de Loulo-Gounkoto la semaine prochaine, après que la junte militaire en eut pris le contrôle suite à de précédentes saisies, selon Reuters.
L’accord a également permis la libération de quatre employés de Barrick détenus depuis novembre 2024 et a conduit l’entreprise à abandonner sa procédure d’arbitrage international contre le Mali.
Les opérations sont suspendues après la saisie de janvier
Le différend s’est intensifié en janvier lorsque le gouvernement malien a saisi l’or du complexe et l’a transporté par hélicoptère jusqu’à la banque centrale.
Par conséquent, Barrick a déclaré que la saisie annulait sa couverture d’assurance et l’obligeait à suspendre temporairement ses activités. Les analystes de Jefferies estiment que cet arrêt pourrait réduire d’environ 11 % le résultat d’exploitation (EBITDA) de l’entreprise pour 2025.
Auparavant, le Mali avait réclamé à Barrick environ 500 millions de dollars d’impôts impayés, bien que la société maintienne avoir agi de manière appropriée et souligne avoir versé 85 millions de dollars au gouvernement en octobre 2024.
Un coup de pouce pour les investissements occidentaux
Cette résolution intervient également à un moment où les investisseurs occidentaux, notamment américains, cherchent de plus en plus à explorer les ressources naturelles diversifiées et largement inexploitées du Mali, notamment l’or, le lithium et d’autres minéraux.
De plus, cette initiative est soutenue par des actions internationales, notamment le soutien du président Donald Trump, visant à aider ce pays enclavé du Sahel à faire face à une instabilité régionale persistante.
Le Mali est plongé dans une instabilité politique depuis une décennie, reflet des troubles plus généraux qui secouent l’Afrique de l’Ouest et centrale. Par conséquent, la stabilisation des activités minières pourrait s’avérer cruciale pour attirer les capitaux étrangers, alors que les cours de l’or se maintiennent à des niveaux proches de leurs records historiques.



