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Bénin : à 6 jours du scrutin, le duel Wadagni-Hounkpè entre dans sa dernière ligne droite

La campagne présidentielle entre dans sa dernière ligne droite avant le vote du 12 avril

À moins d’une semaine du scrutin, le Bénin retient son souffle. Le 12 avril 2026, les électeurs béninois choisiront leur nouveau président pour la première fois depuis dix ans. Et sur le terrain, les deux camps rivaux se livrent une bataille sans merci.

Deux duos, deux visions pour le Bénin

Face à face, deux tickets s’affrontent pour diriger le pays après Patrice Talon. D’un côté, Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata, qui incarnent la continuité. Ancien ministre de l’Économie et bras droit du président sortant, Wadagni promet d’aller « plus loin, ensemble », en s’appuyant sur les grands chantiers lancés sous Talon. Il bénéficie du soutien des partis majoritaires à l’Assemblée nationale, ce qui lui confère un avantage institutionnel de taille.

De l’autre côté, Paul Hounkpè, figure historique de l’opposition et président des Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), se pose en candidat du changement. Avec son colistier Judicaël Hounwanou, il promet la réconciliation nationale, une révision constitutionnelle et le retour des personnalités politiques exilées.

Le terrain s’embrase à l’approche du vote

La campagne, officiellement ouverte le 27 mars, s’achève le 10 avril à minuit. Et les deux équipes ont mis les bouchées doubles. Le camp Hounkpè a multiplié les rassemblements spectaculaires : de Porto-Novo à Savè, en passant par plusieurs circonscriptions, les meetings ont attiré des foules galvanisées. Les partisans arborent fièrement les couleurs de la FCBE et scandent leur soutien avec une énergie qui surprend les observateurs.

Le duo Wadagni-Talata, de son côté, a sillonné le centre du pays. Covè, Agbangnizoun, Abomey, Bohicon, Kétou, Pobè… autant d’étapes où le tandem a annoncé des mesures concrètes : suppression des frais de scolarité pour les filles jusqu’en terminale, projets de développement pour artisans et commerçants, création d’un pôle technologique à Dangbo pour booster l’emploi dans la région de l’Ouémé.

Une élection sous haute tension

Ce scrutin se tient dans un contexte particulier. En décembre 2025, une tentative de coup d’État avait visé la résidence du président Talon à Cotonou. Le groupe se réclamant du Comité militaire pour la refondation (CMR) avait annoncé la suspension de la Constitution avant d’être neutralisé. L’épisode a laissé des traces dans l’opinion, et les deux candidats ont dû composer avec ce climat de méfiance.

Pour Hounkpè, cet épisode illustre la nécessité d’une vraie réconciliation politique. Pour Wadagni, il renforce l’argument de la stabilité et de la continuité.

Qui pour succéder à Talon ?

Le 12 avril, les Béninois trancheront. Wadagni part avec le soutien des institutions et des appareils politiques dominants. Hounkpè mise sur la rue et sur l’aspiration au changement d’une partie de la population.

Ce qui est certain : pour la première fois depuis 2016, le Bénin changera de chef d’État. Patrice Talon, au pouvoir depuis dix ans, est constitutionnellement barré de se représenter. Une page se tourne, quelle que soit l’issue du vote.

Le dernier mot appartient aux électeurs. Ils ont rendez-vous le 12 avril.

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