
Sénégal : le procès des 18 supporters s’ouvre aujourd’hui à Rabat, un an après la finale de la CAN
Ce lundi 13 avril 2026, la cour d’appel de Rabat doit enfin se prononcer sur le sort de 18 supporters sénégalais détenus au Maroc depuis les incidents survenus lors de la finale de la CAN 2025. Condamnés en première instance à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme pour hooliganisme et violences lors d’un événement sportif, ces hommes attendent leur procès en appel depuis plus de sept semaines. L’audience avait déjà été reportée deux fois, le 16 puis le 30 mars.
## Des peines lourdes pour une bagarre de stade
Le verdict de première instance est tombé le 19 février 2026. Mamadou Diagne, 25 ans, carreleur, a écopé de la peine la plus lourde: un an de prison ferme. Les autres ont reçu des sentences comprises entre trois mois et un an. Depuis, ils croupissent dans la prison d’Al Arjat, près de Rabat.
Les faits remontent à la finale de la CAN 2025 disputée à Rabat. Après un but non accordé aux Lions, des bouteilles ont été jetées depuis les tribunes marocaines. Un mouvement de foule a suivi, poussant certains supporters sénégalais vers l’avant du stade. C’est là que les choses ont dégénéré.
## Le stadier marocain accusé d’avoir tout déclenché
Me Patrick Kabou, l’avocat des 18 supporters, ne baisse pas les bras. Dans ses conclusions de nullité déposées auprès de la cour, il pointe un stadier marocain comme l’instigateur principal de la bagarre.
Des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux montrent cet agent donner un violent coup de chaise à un supporter sénégalais. L’avocat s’appuie aussi sur les témoignages des policiers sénégalais présents dans le cadre de la coopération de sécurité mise en place pour la compétition.
Selon la défense, les supporters sénégalais qui se sont retrouvés en première ligne n’avaient pas d’autre choix que de descendre vers la pelouse pour éviter d’être écrasés par la pression de la foule derrière eux. Ils ont sollicité l’aide des policiers sénégalais pour se mettre en sécurité. C’est précisément à ce moment que le stadier est intervenu.
## Un contexte diplomatique tendu
Cette affaire s’inscrit dans un climat de tension croissante entre Dakar et Rabat depuis la finale de la CAN 2025. La Fédération sénégalaise de football a saisi le Tribunal arbitral du sport pour contester le déroulement du match. En parallèle, les familles des 18 détenus réclament leur libération.
Au Sénégal, l’affaire mobilise. Vendredi 10 avril, lors d’une hadara nationale organisée à Thiès, le guide religieux Serigne Sidy Ahmed Sy a lancé un vibrant plaidoyer en faveur des supporters. «Où est le véritable obstacle?»a-t-il demandé, appelant le roi Mohammed VI à intervenir symboliquement pour faciliter leur libération. Pour lui, les liens historiques entre les deux nations devraient permettre une résolution rapide.
## Du côté marocain, quelle position?
Le Conseil national des droits de l’Homme du Maroc suit le dossier de près. L’institution a assisté aux audiences précédentes, rencontré les détenus et examiné les pièces du dossier. Elle affirme qu’aucune allégation de violation des droits n’a été formulée par les accusés et garantit que la présomption d’innocence est respectée.
L’audience d’aujourd’hui devrait permettre de savoir si la défense parviendra à faire annuler la procédure ou si les condamnations seront confirmées, voire alourdies. Pour les 18 hommes et leurs familles, ce lundi pourrait changer everything.



