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Sénégal : 15 orpailleurs m0rts et plus de 20 disparus dans l’effondrement d’une mine d’or à Kédougou

Après trois mois ayant déjà fait vingt-et-un morts minimum, la zone de Saraya enregistre son pire accident avec quinze corps retrouvés et des dizaines de familles toujours dans l'attente.

Une tragédie évitable qui s’ajoute à une longue liste noire

Dans la nuit du dimanche 13 au lundi 14 avril 2026, vers 20 heures locales, une galerie souterraine d’une mine d’or artisanale s’est effondrée sur le site de Saraya, dans la région de Kédougou, au sud-est du Sénégal. Le bilan est lourd: quinze corps ont déjà été retrouvés, plus d’une vingtaine d’orpailleurs sont toujours portés disparus, et huit blessés ont été évacués vers l’hôpital de Kédougou.

Les opérations de secours ont mobilisé la Protection Civile, les sapeurs-pompiers, la gendarmerie et des engins mécaniques lourds pendant plus de quarante-huit heures. Mais l’instabilité permanente du sol et l’absence total d’équipements de sécurité ont considérablement ralenti les recherches. Chaque heure qui passe réduit les chances de retrouver des survivants.

Saraya, un cimetière à ciel ouvert

Saraya n’est pas n’importe quel site minier. C’est l’une des zones aurifères les plus prisées du Sénégal, et aussi l’une plus dangereuses. L’orpaillage clandestin y bat son plein malgré les interdictions répétées des autorités. Pas de soutènement de galeries, pas de casques, pas de plans d’évacuation. Rien. Les hommes descendent dans des trous creusés à la main, armés de pioches et d’espoir.

Le préfet de Kédougou et le ministre des Mines ont immédiatement annoncé l’ouverture d’une enquête et une fermeture temporaire des sites illégaux de la région. Des mots qui résonnent comme un disque rayé. Car les mêmes annonces avaient déjà été faites après les dix morts de décembre 2025 (trois à Khossanto, sept à Kharakhéna), puis après les quatre morts de janvier 2026 sur le site d’Afrigold, et encore après les deux morts de février. En trois mois seulement, Saraya et ses environs ont fait vingt-et-un morts au minimum.

« Ils savent que c’est dangereux, mais ils n’ont pas le choix »

Un habitant de la zone, interrogé par la presse locale, a résumé la situation en une phrase: « L’or est là. Les jeunes n’ont pas de travail. Le gouvernement ferme les sites officiellement, mais le soir tout le monde retourne dans les galeries. C’est toute l’économie de cette région. »

La réalité économique du Sénégal profond frappe dur. Kédougou est une région riche en or mais pauvre en infrastructures. Les jeunes affluent de tout le pays, voire de la sous-région (Guinée, Mali), attirés par les rumeurs de pépites. Certains deviennent riches du jour au lendemain. La plupart y perdent leur santé, ou leur vie.

Et maintenant ?

Les familles des victimes attendent devant les décombres. Certaines depuis plus de quarante-huit heures. Le gouvernement sénégalais promet encore une fois de « radicaliser la lutte contre l’orpaillage clandestin. » L’histoire se répète. Les galeries continuent de s’effondrer. Et les cercueils s’alignent.

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