
Cinq personnes ont été arrêtées à Marapong, dans la municipalité de Lephalale, en Afrique du Sud. Elles sont soupçonnées de s’être présentées comme des agents du ministère de l’Intérieur et d’avoir intimidé un entrepreneur nigérian pour le contraindre à fermer son établissement.
Les suspects, âgés de 20 à 58 ans, ont été interpellés à différentes adresses du township, dans la province du Limpopo. L’opération a mobilisé des policiers en uniforme, des enquêteurs et des membres de l’unité chargée du maintien de l’ordre public.
Un commerçant sommé de fermer son établissement
L’affaire remonte au 9 juillet 2026. Le propriétaire nigérian d’un lounge affirme avoir été confronté à un groupe d’habitants qui lui aurait ordonné de fermer son commerce au motif qu’il était étranger.
Selon le porte-parole de la police du Limpopo, le colonel Malesela Ledwaba, les membres du groupe auraient menacé de détruire l’établissement et exigé que le propriétaire quitte l’Afrique du Sud.
Le commerçant a ensuite été conduit dans les locaux officiels du ministère de l’Intérieur à Lephalale. Les agents habilités ont contrôlé ses documents d’immigration et confirmé leur validité.
Après cette vérification, l’entrepreneur a déposé une plainte pour intimidation au commissariat de Lephalale. Les enquêteurs ont alors lancé une opération ciblée pour identifier les personnes soupçonnées d’avoir participé aux menaces.
Cinq suspects arrêtés à Marapong
Les cinq suspects ont été arrêtés tôt le 13 juillet à leurs domiciles respectifs. La police indique que l’un d’entre eux devra aussi répondre d’une autre affaire d’intimidation sans lien direct avec la plainte du commerçant.
Les personnes interpellées restent présumées innocentes tant que la justice ne s’est pas prononcée. Elles doivent comparaître devant le tribunal de Lephalale pour des faits présumés d’intimidation, d’incitation à la violence et d’usurpation de la qualité d’agents du ministère de l’Intérieur.
Les premiers éléments de l’enquête laissent penser que certains suspects mobilisaient des habitants contre les étrangers sans titre de séjour et encourageaient leur expulsion illégale du township.
La police rappelle que les contrôles sont réservés aux autorités
Le commissaire provincial par intérim du Limpopo, le général Jan Scheepers, a rappelé qu’aucun particulier ni groupe communautaire n’est autorisé à appliquer la législation sur l’immigration ou à contrôler les pièces d’identité.
Ces missions relèvent uniquement des services de police et des agents publics habilités. Les habitants qui soupçonnent une personne de vivre irrégulièrement dans le pays doivent transmettre leurs informations aux autorités au lieu d’agir eux-mêmes.
Ce rappel intervient dans un climat tendu. Depuis plusieurs semaines, des mobilisations hostiles aux migrants se multiplient dans plusieurs régions sud-africaines. Des militants ont mené des opérations porte-à-porte et pris pour cible des commerces appartenant à des étrangers.
AfrikMag avait déjà rapporté des opérations menées de porte en porte contre des migrants en Afrique du Sud. Le gouvernement avait alors demandé aux citoyens de ne pas se substituer aux services de l’État.
Des étrangers en situation régulière aussi pris pour cible
Les organisations humanitaires alertent sur les risques de telles campagnes. Des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants disposant de documents valides peuvent eux aussi être accusés à tort et subir des menaces.
Dans cette affaire, le contrôle effectué par les véritables agents du ministère de l’Intérieur a établi que les papiers du commerçant nigérian étaient en règle. Ce constat n’a toutefois pas empêché les menaces présumées qui ont conduit à l’ouverture de l’enquête.
La police poursuit ses investigations afin de déterminer le rôle de chaque suspect et d’identifier d’éventuels autres participants. Les autorités veulent aussi établir si le groupe est lié à d’autres actes d’intimidation visant des ressortissants étrangers dans la région.



