
Le chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, a écourté un séjour privé à Majorque alors que le Maroc faisait face aux conséquences de la crise migratoire à Ceuta. Son retour à Casablanca, moins de 48 heures après son départ, aurait été ordonné par le roi Mohammed VI.
Aziz Akhannouch avait quitté le royaume après avoir participé à la cérémonie d’allégeance organisée à Tétouan dans le cadre de la Fête du Trône. Il s’était rendu sur l’île espagnole de Majorque à bord d’un avion privé, accompagné de membres de sa famille et d’amis.
Le voyage a rapidement déclenché une polémique. Au même moment, les autorités marocaines et espagnoles géraient les conséquences de l’arrivée massive de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta, avec des morts, des disparus et des milliers de retours vers le Maroc.
Un retour précipité après moins de 48 heures
Le chef du gouvernement est rentré au Maroc dans la nuit du 2 au 3 août. Son avion a atterri à l’aéroport international Mohammed-V de Casablanca, mettant fin à un séjour qui aura duré moins de deux jours.
Des médias espagnols et marocains affirment que ce retour anticipé est intervenu sur instruction directe du roi Mohammed VI. Cette information repose toutefois sur des sources citées par la presse. Aucun communiqué officiel du Palais royal n’a confirmé publiquement cet ordre.
La brièveté du séjour et la rapidité du retour ont renforcé l’attention autour de l’affaire. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont reproché à Aziz Akhannouch de s’être absenté au moment où la crise de Ceuta dominait l’actualité nationale et internationale.
Le silence d’Aziz Akhannouch critiqué au Maroc
La polémique ne porte pas uniquement sur ses vacances. Le chef du gouvernement est aussi critiqué pour son absence de prise de parole publique sur les événements de Ceuta.
Depuis son retour, Aziz Akhannouch n’a pas fait de déclaration détaillée sur la crise migratoire. Il a surtout communiqué sur la baisse du taux de chômage au deuxième trimestre 2026. Cette attitude a nourri les critiques de responsables politiques et d’une partie de l’opinion marocaine.
L’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a notamment estimé qu’une crise d’une telle ampleur exigeait une réaction claire de l’exécutif. Il a reproché à son successeur de ne pas avoir expliqué la position du gouvernement ni adressé publiquement ses condoléances aux familles des victimes.
Une crise gérée publiquement par le ministère de l’Intérieur
Pendant plusieurs jours, les autorités marocaines sont restées discrètes sur l’afflux vers Ceuta. Le ministère de l’Intérieur a finalement présenté un premier bilan cinq jours après le début de la crise.
Le Maroc a annoncé 11 morts sur son territoire, tandis que l’Espagne en a recensé au moins 72. Les deux pays ont également communiqué des chiffres différents sur le nombre de personnes ayant tenté ou réussi la traversée.
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L’épisode place désormais Aziz Akhannouch sous pression. Au-delà de son voyage, le débat concerne la visibilité du chef du gouvernement pendant une urgence nationale et la répartition des responsabilités entre l’exécutif, le ministère de l’Intérieur et le Palais royal.



