
Le compte à rebours est lancé. Le Bénin vote le 12 avril 2026 pour élire son prochain président. La campagne officielle s’ouvre le 27 mars et dure jusqu’au 10 avril. Deux candidats seulement ont été retenus par la Cour constitutionnelle pour ce scrutin qui marque la fin de l’ère Patrice Talon.
Talon sort, Wadagni entre
Patrice Talon, au terme de son deuxième et dernier mandat, ne se représente pas. Il respecte la limite constitutionnelle. Son successeur désigné est Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances et figure centrale de l’économie béninoise sous Talon. Il se présente comme candidat indépendant, mais son lien avec le président sortant est connu de tous.
En face de lui, Paul Hounkpè, seul adversaire retenu. Les autres candidatures déposées, dont celles de Daniel Edah et Kémi Seba, ont été écartées par la Cour constitutionnelle pour des raisons techniques liées aux parrainages.
Une opposition réduite au silence
Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, ne figure pas sur la liste des candidats. Faute de parrainages suffisants : le système électoral béninois exige que chaque candidat obtienne l’appui d’au moins 10 % des députés et des maires du pays. Un seuil que l’opposition dit ne pas pouvoir atteindre dans les conditions actuelles.
Ce face-à-face restreint à deux candidats interroge sur la représentativité de ce scrutin. Des observateurs pointent du doigt un cadre électoral qui rend difficile l’émergence de voix alternatives à celle du pouvoir en place.
Un mandat de sept ans et les enjeux à venir
Changement important cette fois : le mandat présidentiel a été allongé à sept ans, renouvelable une seule fois, suite à une révision constitutionnelle adoptée en novembre 2025. Le prochain président gouvernera donc jusqu’en 2033.
Le calendrier est précis. Si aucun candidat ne décroche la majorité absolue le 12 avril, un second tour est prévu le 10 mai 2026. Les résultats provisoires du premier tour sont attendus le 14 avril. La Céna a déjà publié les centres de vote pour les Béninois de la diaspora, qui voteront le même jour.
Ce que les Béninois attendent
Sur le plan économique, le Bénin a connu une croissance soutenue sous Talon, portée par les grands travaux d’infrastructure. Mais une partie de la population attend des réponses sur le chômage des jeunes, le coût de la vie, et l’accès aux services de base dans les zones rurales. La question sécuritaire, notamment à la frontière nord avec le Burkina Faso, pèse aussi dans les discussions.
Le 12 avril, les Béninois trancheront. Avec un bulletin de vote et deux noms.



