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Cameroun : Paul Biya devrait nommer un vice-président pour la première fois en 43 ans de règne

Cameroun : Paul Biya devrait nommer un vice-président pour la première fois en 43 ans de règne

Le président camerounais, Paul Biya, devrait se doter d’un vice-président pour la première fois en quarante ans de règne, suite à des modifications constitutionnelles controversées approuvées par le Parlement.

 

Lors d’une session conjointe de l’Assemblée nationale et du Sénat dominés par le parti au pouvoir, les législateurs ont voté par 200 voix contre 18 pour, avec quatre abstentions, pour adopter le projet de loi.

 

Le projet de loi stipule que le vice-président assumera automatiquement la présidence si le président Paul Biya décède, démissionne ou devient incapable d’exercer ses fonctions.

 

Biya, âgé de 93 ans, dirige ce pays d’Afrique centrale depuis 1982 et est le chef d’État en exercice le plus âgé au monde. Toute discussion publique concernant sa santé est interdite.

 

Selon cette législation, dont Reuters a pu consulter une copie, le vice-président sera nommé et révoqué par le président, et restera en fonction pour la durée restante du mandat présidentiel de sept ans.

 

Toutefois, le dirigeant intérimaire se verrait interdire d’initier des modifications constitutionnelles ou de se présenter à une élection ultérieure.

 

Avant la modification, la constitution désignait le président du Sénat pour assurer l’intérim en cas de décès ou d’incapacité du président en exercice. Des élections seraient alors organisées.

 

Le Front social-démocrate (SDF), qui compte six députés, a boycotté le vote. Il militait pour une révision du système électoral afin que le vice-président soit élu conjointement avec le président, et non nommé.

 

Le parti réclamait également une disposition constitutionnelle reflétant la fracture linguistique entre les régions anglophones et francophones. Le SDF souhaitait que les deux plus hautes fonctions de l’État soient partagées entre les deux communautés du Cameroun, comme c’était le cas avant 1972.

 

« Cette réforme constitutionnelle aurait pu être un moment de courage politique, mais elle n’est rien de moins qu’une occasion historique manquée », a déclaré Joshua Osih, président du SDF.

Ahmad Diallo

Je suis Ahmad Diallo, Rédacteur en chef chez AfrikMag. Très friand de lecture, de rédaction et de découverte. Mes domaines de prédilection en matière de rédaction sont la politique, le sport et les faits de société. Email : [email protected]

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