Colloque sur le handicap / Me Florence Loan-Messan rend hommage à Me Brigitte Mensah, avocate non-voyante

Les avocats de Côte d’Ivoire cimentent de plus en plus leur ancrage dans la défense des personnes en situation de handicap. Lors du premier colloque sur le handicap organisé par le Barreau ivoirien, Me Florence Loan-Messan a évoqué un acte d’engagement, mais surtout un hommage à Me Brigitte Mensah, avocate ivoirienne, qui a perdu la vue, mais dont la résilience force le respect.
Le premier colloque sur le handicap organisé par le Barreau ivoirien est une étape, une prise de conscience sur un problème de société, selon Me Florence Loan-Messan. Au cours de son mot d’ouverture, le Bâtonnier a expliqué le combat des avocats en faveur des personnes en situation de handicap par une volonté de lutter contre l’exclusion. « La justice ne peut être totale, si elle exclut « , a déclaré Me Florence Loan-Messan. Le combat des avocats pour les personnes en situation de handicap ne saurait être un simple slogan, mais un acte d’engagement, une volonté de prôner l’inclusion.

Ensuite, Me Florence Loan-Messan a fait savoir que ce colloque, s’il se veut global, est surtout un hommage à une avocate ivoirienne: Me Brigitte Mensah. Cette avocate qui a prêté serment en 1996 avec l’actuel Bâtonnier, est tombée malade par la suite. Avant de tomber dans une cécité irréversible. En dépit de ce handicap qui mettait carrément fin à sa carrière d’avocate, Me Brigitte Mensah a bravé cette situation et à continuer à exercer sa profession.
» Ce colloque est un hommage au courage et à la résilience » de Me Brigitte Mensah, a expliqué Me Florence Loan-Messan. Elle nous donne une leçon de vie et de courage, a continué Me Florence Loan-Messan. Ce combat humain et juridique est porté avec une dignité admirable par Me Brigitte Mensah, se félicite le Bâtonnier. Pour Me Florence Loan-Messan, » le handicap ne doit plus être un frein à la citoyenneté ». Aussi croit-elle savoir que ce colloque est le point de départ d’une action continue dans ce combat.
Présent à ce colloque, Hervé Gogo, représentant du GIZ, a salué les progrès en la matière tout en notant des défis persistants. Il a notamment cité les freins à l’accès à l’emploi. Il a donc appelé les panélistes à réfléchir sur les mécanismes de promotion des personnes en situation de handicap. A sa suite, la présidente de la Commission Nationale des Droits de l’Homme a mis en avant les points de convergence entre le Barreau ivoirien et son institution sur la défense des personnes en situation de handicap.

Pour les 468.459 personnes vivant en situation de handicap, elle assure que les pouvoirs publics font de leur mieux, même si des efforts restent à faire. En effet, depuis 1967, l’Etat a adopté des textes de loi, une dizaine, pour faciliter l’insertion et la protection des personnes en situation de handicap. Me Brigitte Mensah, panéliste à ce colloque, estime qu’il s’agit du lancement d’un mariage entre deux mondes qui s’aiment mais qui n’arrivent pas à matérialiser cet amour du fait de barrières physiques et psychologiques.




