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Côte d’Ivoire/ Pavillon présidentiel contre lacrymogènes : Gbagbo déjoue un gros piège de Ouattara

Laurent Gbagbo était attendu au pavillon présidentiel à lui céder par Alassane Ouattara pour son retour. Contre toute attente, l’ex-chef de l’Etat a préféré arriver à Abidjan comme tout citoyen lambda. Lucarne sur une volte-face de dernière minute qui a chamboulé tout le protocole de son accueil.

Laurent Gbagbo apparait comme tout voyageur à l’aéroport Houphouët-Boigny. La scène est des plus insolites et a provoqué un branle-bas de combat au sein de l’aéroport. Les agents de sécurité qui ne s’attendaient pas à lui en ces lieux sont obligés d’improviser une sorte de sécurité rapprochée pour lui faire descendre les marches qui conduisent au contrôle des passeports. Derrière cet acte s’est joué, en fait, la première bataille politique déguisée entre Ouattara et Gbagbo.

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De quoi s’agit-il ? Depuis la nuit du 16 juin, des bâches avaient été installées dans le parking du pavillon présidentiel. Elles devaient abriter les personnalités qui allaient accueillir Gbagbo à sa sortie du pavillon. Très tôt, ce lieu s’est avéré exigu. De sorte qu’une quarantaine de journalistes ont été priés de dégager les lieux à leur grand dam. Lorsqu’il sort de l’avion, des personnes de son entourage lui auraient rapidement expliqué que l’accès à l’aéroport a été interdit à ses partisans.

Pire, ces derniers sont gazés et blessés avant même qu’il n’ait décollé de Bruxelles. A 76 ans, Laurent Gbagbo n’a pas perdu ses reflexes de tacticien politique. Très vite, Gbagbo comprend que Ouattara lui donne quelque chose de la main droite et la reprend de la main gauche. En effet, en accordant le pavillon présidentiel, Ouattara montre dans un premier temps qu’il est dans de bonnes dispositions d’esprit sur le retour de son adversaire. Derrière, il refuse tout accueil populaire et à l’aéroport, mais on le verra sur le terrain, et pas même le long du Boulevard Valery Giscard-D’ Estaing.

En un mot comme en mille, Ouattara ne voulait pas d’un accueil populaire et triomphal pour Laurent Gbagbo. La répression qui s’est abattue sur les partisans de Laurent Gbagbo de la matinée jusqu’à 17H30 en est la preuve vivante. Puisque systématiquement les personnes qui se présentaient sur le boulevard étaient immédiatement gazées. Le sang de « l’animal politique » qu’est Gbagbo n’a fait qu’un tour. Si Ouattara ne veut pas d’un accueil populaire, autant garder son pavillon présidentiel. Gbagbo va donc créer l’incident. Et reprendre la main, en se prenant un bain de foule en citoyen lambda avec des personnes ordinaires. Ne se définit-il pas comme le fils du peuple ?

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Le piège du pavillon présidentiel de Ouattara dont la bonne foi serait mise en exergue, si Gbagbo était passé par le pavillon présidentiel devient du coup inopérant. Pourquoi Gbagbo n’est pas passé au pavillon prend le dessus sur le storytelling qui devait se lire en faveur de Ouattara dans des officines dédiées. Le jeu de poker entre les deux hommes a déjà commencé. La première journée montre aisément que de vieilles rancœurs persistent. KKB, le ministre de la réconciliation a du boulot.

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