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Côte d’Ivoire-Présidentielle/ Jean-Louis Billon et les dangers d’une stratégie limitée

Jean-Louis Billon n’avance plus masqué. Avant la présidentielle de 2025, il croit à son étoile pour un destin présidentiel. Mais, en lieu et place d’une offre politique sérieuse, c’est sur l’absence de Ouattara, Bédié et Gbagbo à la présidentielle qu’il semble placer toute sa stratégie. Elle n’est pas sans risques…

Jean-Louis Billon est de ceux qui croient que les trois dinosaures de la politique ivoirienne doivent prendre leur retraite. C’est pour luila condition sine qua non d’un passage de témoin à une nouvelle génération, beaucoup plus jeune. « À un moment, il faut qu’on sache prendre la retraite politique. Bien sûr que pour gérer un État il faut un maximum d’expérience c’est pour ça qu’on dure mais il ne faudra pas non plus que le monde politique soit une maison de retraite. » , estime Billon.

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Mieux, Billon pense que « Les présidents Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara ont fait leurs combats politiques. Ils ont tous été présidents. Il faut aujourd’hui qu’une nouvelle génération prenne le relais. » Depuis quelques semaines, ce positionnement sémantique et politique est celui d’un cadre du PDCI. Qui mène un débat qui fâche dans tous les états-majors politiques. Au PDCI, Billon est attendu au pied du mur. Bédié qui observe sans broncher l’un de ses cadres lui indiquer la porte de sortie, n’est pas sourd. Il attend juste le bon moment, passés les deuils qui le frappent.

Le débat sur le renouvellement générationnel du personnel politique ivoirien est d’actualité, il se mène avec une telle passion qu’il occulte de vrais débats. Celui auquel Billon et ceux qui jouent la même musique que lui devront absolument répondre est en quoi la présence des trois cadors empêche l’éclosion d’une génération dorée? Car il n’appartient pas à des leaders d’être poussés vers la sortie par des complaintes de jeunes premiers qui croient leur heure arrivée.

L’argument de la retraite volontaire et maintenant forcée est spécieux. Parce que politiquement il ne peut pas prospérer. Dans d’autres démocraties, ce sont les primaires qui déterminent les candidats pour des élections internes et nationales. Pourquoi Billon ne se bat-il pas pour obtenir des primaires contre tous les candidats au sein du PDCI ? Il apparaitrait plus crédible et sérieux. Mais bâtir son ambition présidentielle sur la retraite d’un homme charismatique comme Bédié est risqué.

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En effet, en retour Bédié pourrait simplement parrainer un candidat au sein du PDCI et faire payer à Billon son « outrecuidance ». Au PDCI, comme au FPI et dans les autres partis, les prétendants devraient revoir leur copie. Parce qu’au final, ils risquent de mobiliser pour ceux qu’ils veulent écarter. Le sentiment de facilité qui veut que Gbagbo, Ouattara ou Bédié se retirent pour que des leaders improvisés éclosent peut et va à la longue renforcer le capital sympathie desdits dinosaures.

Peut-être que Billon et autres ont été rassurés par le pouvoir sur la révision constitutionnelle dont tout le monde parle. Un député controversé s’en est fait le héraut. Mais, en prenant le risque d’écarter artificiellement Bédié et Gbagbo pour 2025, le régime Ouattara pourrait faire face à une contestation inédite.

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