Côte d’Ivoire : un homme arrêté après des démolitions qui choquent Abidjan
L’affaire de Koumassi Camp provoque l’indignation après l’arrestation d’un homme accusé d’avoir utilisé un faux document judiciaire.

À Abidjan, une affaire de démolitions secoue la Côte d’Ivoire. Un homme d’affaires de 76 ans a été arrêté après la destruction d’une partie du quartier Koumassi Camp, une opération qui a laissé de nombreuses familles sans solution de relogement.
L’affaire a éclaté après les démolitions menées le 3 juin 2026. Des bulldozers ont rasé une grande zone de ce quartier proche du centre-ville, provoquant colère et incompréhension chez les habitants touchés.
Un document judiciaire contesté
Le suspect, Jacques Alloui Brou, est accusé d’avoir utilisé un document présenté comme une décision de justice pour faire démolir des habitations. Il avait affirmé publiquement être à l’origine de l’opération et disposer d’une décision l’autorisant à agir.
Mais le parquet d’Abidjan conteste cette version. Le procureur Oumar Braman Koné a indiqué que le document brandi par le suspect n’autorisait pas la destruction de bâtiments. Une enquête a donc été ouverte, suivie d’un mandat d’arrêt.
L’homme a finalement été interpellé jeudi dans le district de Port-Bouët. Les autorités doivent désormais établir les responsabilités exactes dans une affaire qui touche à la fois au droit de propriété, à l’ordre public et à la protection des familles déplacées.
Des familles sans relogement
Le drame social est au cœur du dossier. Plusieurs milliers de personnes auraient perdu leur maison à Koumassi Camp, sans proposition de relogement immédiate. Pour les familles concernées, la question n’est donc pas seulement judiciaire. Elle est aussi humaine.
Abidjan connaît depuis plusieurs années de vastes opérations de déguerpissement, souvent justifiées par la sécurité, les risques d’inondation ou l’urbanisme. Mais dans ce cas précis, les autorités soutiennent que la démolition n’a pas été ordonnée par l’État.
Cette nuance alimente l’indignation. Beaucoup d’habitants veulent comprendre comment une opération d’une telle ampleur a pu être menée si le document utilisé ne permettait pas légalement de raser des habitations.
Une affaire sensible pour Abidjan
Les faits pourraient être qualifiés de trouble à l’ordre public, de violences et de destruction volontaire de biens. Les infractions évoquées peuvent être punies de plusieurs années de prison.
Au-delà du dossier judiciaire, cette affaire remet au centre du débat la fragilité des quartiers populaires d’Abidjan. Pour les familles touchées, l’urgence reste de trouver un abri et d’obtenir des réponses sur les responsabilités.
L’enquête devra dire qui a validé l’opération, qui l’a exécutée et pourquoi les habitants se sont retrouvés face aux bulldozers sans protection suffisante.



