
La facture du service de la dette du Sénégal pour 2026 devrait être supérieure de 11 % aux estimations précédentes, après que le gouvernement a découvert des milliards de dollars de passifs non déclarés laissés par l’ancienne administration.
La facture du service de la dette du Sénégal pour 2026 devrait être supérieure de 11 % aux estimations précédentes, après que le gouvernement a découvert des milliards de dollars de passifs non déclarés laissés par l’ancienne administration, selon les documents budgétaires récemment publiés.
Selon les chiffres publiés sur le site Internet de la Direction du budget du ministère des Finances, le coût du service de la dette devrait désormais atteindre 5.490 milliards de francs CFA (9,7 milliards de dollars) en 2026, contre une estimation antérieure de 4.950 milliards de francs CFA.
Le service total de la dette au cours des trois prochaines années devrait dépasser les projections précédentes de plus de quatre fois, pour atteindre 14,9 billions de francs CFA, a rapporté Bloomberg .
Cette révision drastique fait suite à un audit financier lancé par l’administration du président Bassirou Diomaye Faye, qui a découvert environ 7 milliards de dollars d’emprunts cachés.
Cette révélation a incité le Fonds monétaire international (FMI) à suspendre son programme de soutien de 1,8 milliard de dollars à la nation ouest-africaine.
Les dégradations de notation de crédit aggravent les difficultés d’emprunt
À la suite de cette découverte, S&P Global Ratings et Moody’s Ratings ont encore dégradé la note souveraine du Sénégal en territoire spéculatif, rendant plus difficile et plus coûteux pour le gouvernement d’emprunter à l’international.
Plus de 40% de la dette publique du Sénégal est libellée en devises étrangères, selon S&P.
Le Sénégal prévoit que son ratio dette/PIB se stabilisera autour de 101% d’ici 2028, selon sa stratégie de gestion de la dette à moyen terme.
Le FMI estime que le passif total du Sénégal, y compris celui des entreprises publiques, a atteint 132 % du PIB d’ici la fin de 2024. Si l’on exclut ces entités, les données gouvernementales situent ce chiffre à 119 %.
Dans le cadre des efforts visant à stabiliser les finances publiques et à rétablir la confiance des investisseurs, le Sénégal prévoit de mobiliser près de 10 milliards de dollars au cours des trois prochaines années grâce à une combinaison d’augmentations d’impôts, de renégociations de contrats énergétiques et de réductions des dépenses, selon un plan de réforme fiscale dévoilé en août.
La croissance économique devrait s’accélérer pour atteindre 7,8 % en 2025, tirée par la nouvelle production de pétrole et de gaz, avant d’atteindre une moyenne annuelle de 5,5 % entre 2026 et 2028. Le déficit budgétaire devrait s’élever à 5,4 % du PIB l’année prochaine, au-dessus de l’objectif initial de 5 %.



