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Du succès à la faillite, récit de mon parcours

Savez-vous qu’il est possible de passer du succès à la faillite en quelques semaines seulement ? 

Hier encore, j’étais le gérant d’une société de tourisme en ligne à l’avenir prometteur. Mon entreprise engendrait un bénéfice net à plus de 4 000 euros par mois.

 Les clients affluaient de tout horizon, mes partenaires profitaient de mes services novateurs et tout se passait bien. 

Malheureusement, une erreur stratégique combinée à la crise actuelle m’a tout fait perdre. 

D’ailleurs, beaucoup d’autres entreprises dans mon secteur ne survivront pas non plus à la crise actuelle. 

Comment peut-on tout perdre en quelques semaines ? Comment une infime erreur peut-elle avoir de si grosses répercutions ?

Il est temps de vous expliquer comment je suis passé du succès à la faillite. 

Tout a commencé avec Lisbonne

Résident dans cette magnifique ville depuis 2012, j’étais personnellement convaincu qu’il était possible de faire quelque chose pour Lisbonne. 

Cette ville avait déjà tant fait pour moi. J’y avais rencontré de nombreuses personnes, dont la plus importante de toute. 

En effet, c’est dans cette ville que j’y ai rencontré ma femme avec qui j’ai construit une famille, un foyer. 

Propriétaire de nombreux sites sur Internet, je me décide à construire un site qui sera consacré à la ville. Un site qui permettra aux touristes de trouver instantanément les bons endroits

Mais cela ne sera pas suffisant. Je me dis qu’il faut également proposer des partenariatsavec les entreprises locales

Après tout, je vais leur rapporter pas mal de clients. 

Le concept est assez novateur pour potentiellement fonctionner. De plus, aucun monopole touristique n’existe au Portugal. C’est l’El Dorado, une terre vierge à conquérir. 

En 2015, je me lance en créant le blog bonjourlisbonne.fr, et le succès est au rendez-vous. En un an, c’est plus de 60 000 visiteurs uniques qui passent régulièrement sur mon site. 

Du succès à la faillite, récit de mon parcours

À la vue de ce succès, je peux enfin étendre mon activité. J’ouvre alors mon entreprise, embauche un comptable et commence à démarcher les commerces pouvant profiter de mon idée touristique. 

L’idée séduit énormément de monde, après tout, c’est aussi une manière pour les commerçants de se faire de la publicité. Les affiliations et les partenariats s’enchaînent. Les bars, les restaurants, les hôtels, les sites de vente de billets tout le secteur touristique me fait confiance

Côté site, j’ai besoin de plus de mains. J’en profite donc pour embaucher de nombreuses personnes, dont des freelances, pour veiller à la tenue et à la vie de mon outil principale. 

De mon côté, je m’occupe du référencement, de la communication et je fais tout pour que mon business entre dans la culture touristique locale. 

En 2016, Lisbonne devient l’une des villes européennes les plus tendances à visiter. Mon site explose littéralement

De 60 000 visiteurs, je passe à 650 000 visiteurs par an. Je récolte enfin le fruit de mes efforts. 

Du succès à la faillite, récit de mon parcours

Côté finances, je m’en sors plutôt bien. Le compte de l’entreprise passe en positif et je peux me dégager un salaire correct, le tout en à peine 2 ans. 

Porto, un nouveau défi

M’arrêter en si bon chemin ? Sûrement pas ! 

C’est très naturellement qu’en 2017, je me lance dans un nouveau blog : Bonjourporto.

Connaissant la ville pour l’avoir très souvent visité, j’ai quelques cordes à mon arc pour proposer la formule de Lisbonne dans cette autre ville du Portugal. 

En plus de faire découvrir ce lieu à mes visiteurs actuels, je vais également pouvoir toucher d’autres clients plus attirés par le nord du pays

Mais mes connaissances sur cette ville sont faibles et je veux taper fort. 

C’est pourquoi j’embauche d’autres personnes qui s’occuperont de l’activité touristique du lieu. Le tout sera beaucoup plus simple à gérer. 

Cette nouvelle petite équipe fait d’ailleurs très bien son office. Après 2 ans de travail intense, le site bonjour Porto devient rentable. Je peux dégager un solde positif net total de 1500 € supplémentaire pour mon entreprise.

Je m’occupe donc du tourisme de deux grandes villes que j’aime, je fais un retour sur investissement très correct et je mène une vie simple et saine.

Mais si tout me sourit, il me faut à nouveau faire évoluer mon entreprise. L’Espagne étant très occupée par la concurrence, je décide de passer à l’Italie en me concentrant sur sa capitale.

Rome, la dernière pierre à mon édifice

Rome est une ville magnifique. J’ai eu l’occasion d’y passer de nombreuses fois. 

Son histoire est belle, ses rues sont visuellement riches, il me fallait absolument conquérir ce nouvel endroit

Je crée alors un nouveau blog consacré à la capitale du Latium. L’aventure commence en 2019, je mets en ligne Bonjourrome.fr. 

Comme pour les sites précédents, je mets toute mon énergie à développer ce nouveau site. 

Je décide cependant de ne pas trop dépenser dans ce site. Étant un pays un peu moins maîtrisé, je préfère voir comment la situation évolue. J’embauche tout de même quelques personnes sur place. 

L’évolution de bonjourrome est incroyable, 50 000 visiteurs uniques la première année. Le site connaît presque le même succès que celui consacré à Lisbonne.

Du succès à la faillite, récit de mon parcours

L’occasion est trop belle et j’ai rapidement compris au cours de ma carrière que les chiffres ne mentent pas. Je peux faire monter le site dédié à Rome au même niveau que celui de Lisbonne., voire plus haut. Il y a bien plus de monuments à visiter à Rome qu’à Lisbonne.

Profitant de cet énorme potentiel, j’injecte toute mon énergie et mes économies dans le projet

Je monte une équipe plus complète sur place et me prépare pour la saison haute de 2020. Le succès va être au rendez-vous, j’en suis sûr. 

L’arrivée de la pandémie


Presque un mois jour pour jour après l’investissement consacré à Rome, la pandémie de coronavirus fait fermer les frontières. 

Les Italiens se confinent, les touristes annulent leurs réservations. Les lieux publics ferment également, laissant la ville vide et sans activité. 

L’activité, elle, disparut aussi de mes sites

En quelques semaines, ce virus microscopique avait réussi à briser des années d’efforts. Comme un grain de sable dans une machine à engrenage, toute mon activité sombra du jour au lendemain. 

Forcé par la situation et à contrecœur, je décide de tout suspendre. Je laisse derrière moi de nombreuses personnes travaillant à leur compte, mais je n’ai pas le choix. Mes partenaires ne me paient plus ou ont énormément de retard dans le paiement des prestations. 

Du succès à la faillite, récit de mon parcours

Je dois cependant maintenir l’activité en ligne de mon entreprise avec l’espoir de reprendre les affaires très vite, une fois que cette crise sera passée. 

Je ne me verse plus aucun salaire. L’argent ? Je l’emprunte à des amis ou de la famille pour continuer à vivre et à payer mon loyer. 

En effet, l’État portugais ne propose d’aides qu’aux petites entreprises éligibles à l’obtention. Bien sûr de mon côté, je ne le suis pas. 

D’ici quelques mois, le tourisme reprendra et je pourrais rentrer de nouveau en contact avec mes partenaires, mes équipes, et nous repartirons de plus belle. 

Tout sera de nouveau comme avant. Rien ne peut être pire que la situation actuelle. 

J’ai chaque jour une pensée pour mes confrères en espérant qu’ils arrivent à tenir pendant cette crise

Tout redeviendra vite comme avant, même si pour le moment rien ne va plus.

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Francky

Hello cher lecteurs. Je suis Francky, ingénieur informaticien. Je suis passionné de technologie, de lecture et de voyage... francky@afrikmag.com

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3 commentaires

  1. Personnellement je fais faillite… Même avec les aides, ça n’est pas assez… 3000€ de charges par mois. 1200€ d’aides. Je gagnais 10/15’000€ avant la crise que j’ai réinvesti dans ma société en pensant que jamais nous ne ferions une quarantaine comme en Chine. Mauvaise stratégie, certes, mais le virus me paraissait encore loin… D’ici le 30 avril, je serai en défaut de paiement, j’avais investis toute ma vie dans ma société depuis 6 ans. Je commençais enfin à récolter les fruits de mon travail… Aujourd’hui je ne pense qu’au suicide… Si je ne peux pas travailler avant le 30 avril, je n’aurai pas le choix… Je ne peux pas me retrouver à la rue avec 500€ de RSA (je suis une femme en plus)… Donc voilà. A défaut de mettre fin à mes jours moi-même, ce qui est dur psychologiquement car il ne faut pas se « rater », j’espère avoir le Covid19 et en mourir.

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