
L’administration du président américain Donald Trump a considérablement intensifié son conflit de longue date avec la Cour pénale internationale (CPI), en formulant une série d’exigences et en menaçant d’imposer de nouvelles sanctions sévères à la Cour elle-même si elles ne sont pas satisfaites.
La revendication principale est une exigence tout à fait inhabituelle : que la CPI modifie son document fondateur, le Statut de Rome, afin de garantir que la cour ne puisse jamais enquêter sur le président américain Donald Trump et ses hauts responsables, ni les poursuivre en justice.
Un responsable de l’administration Trump a confirmé que cet ultimatum s’inscrit dans un ensemble plus large de demandes communiquées aux pays membres de la CPI, y compris aux principaux alliés des États-Unis, ainsi qu’à la direction de la Cour.
Washington a clairement indiqué que le non-respect de ces conditions entraînerait des sanctions contre davantage de responsables de la CPI et pourrait aboutir à des sanctions contre l’ensemble de l’institution, une mesure qui intensifierait considérablement la campagne américaine contre la Cour.
La position américaine s’appuie sur la critique de longue date formulée par des responsables républicains et démocrates selon laquelle la CPI porte atteinte à la souveraineté américaine, d’autant plus que les États-Unis ne sont pas parties au Statut de Rome, qui a établi la CPI en 2002 comme une cour de dernier recours habilitée à poursuivre les chefs d’État.
Outre la demande d’immunité personnelle pour le président américain et son équipe, le responsable de l’administration Trump a révélé deux autres exigences cruciales liées à la menace de sanctions : la CPI doit abandonner ses enquêtes en cours sur les dirigeants israéliens concernant le conflit de Gaza et clore formellement une enquête antérieure sur les actions des troupes américaines en Afghanistan.
Ces exigences ont un impact direct sur des affaires sensibles et médiatisées. En novembre dernier, les juges de la CPI ont émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, l’ancien chef d’état-major des armées israélien Yoav Gallant et le dirigeant du Hamas Ibrahim al-Masri pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité présumés commis lors du conflit de Gaza.
Par ailleurs, l’enquête du tribunal sur l’Afghanistan, qui portait notamment sur d’éventuels crimes commis par les troupes américaines, a été ouverte en mars 2020.
Bien que la Cour ait relégué au second plan l’examen du rôle des États-Unis depuis 2021, l’administration Trump exige désormais la clôture formelle de cette enquête.
La menace de sanctions contre la Cour marque un nouveau niveau d’agression, les États-Unis cherchant à tirer parti de leur puissance diplomatique et économique pour imposer des changements spécifiques au processus judiciaire international et garantir l’immunité des dirigeants américains et alliés sur la scène



