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L’UA, la CEDEAO et l’UE se rallient au Nigeria face aux menaces d’intervention militaire des États-Unis

L'UA, la CEDEAO et l'UE se rallient au Nigeria face aux menaces d'intervention militaire des États-Unis

Dans un contexte de tensions croissantes liées aux menaces d’intervention militaire des États-Unis, l’Union africaine (UA), la CEDEAO et l’Union européenne (UE) ont réaffirmé leur soutien à la souveraineté du Nigeria, rejetant les allégations de persécution religieuse et les menaces d’intervention militaire formulées par Washington.

L’Union africaine (UA) a exprimé sa vive préoccupation face aux récentes déclarations des États-Unis suggérant une possible intervention militaire au Nigéria, suite aux allégations selon lesquelles le gouvernement nigérian n’aurait pas protégé les communautés chrétiennes contre la violence.

Dans un communiqué publié vendredi soir et signé par dix hauts commissaires de l’UA, le bloc a réaffirmé son « engagement indéfectible » envers la souveraineté, la non-ingérence et la liberté religieuse telles qu’elles sont inscrites dans l’Acte constitutif de l’UA et les cadres continentaux connexes.

Elle a également insisté sur le droit souverain du Nigéria à gérer ses affaires intérieures conformément à sa Constitution et à ses obligations internationales.

« Toute intervention extérieure doit respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité du Nigéria », a déclaré l’Union africaine.

Cette déclaration faisait suite aux propos de l’ancien président américain Donald Trump, qui accusait les autorités nigérianes de « complicité » dans le meurtre de chrétiens et mettait en garde contre une possible « action militaire pour défendre la liberté religieuse ».

Plusieurs médias nigérians ont rapporté que Trump avait également désigné le Nigeria comme un pays particulièrement préoccupant (CPC) et suspendu les ventes d’armes et le soutien technique à ce pays.

Bien que le gouvernement nigérian ait démenti ces allégations, le président Trump les maintient, tandis que son administration a entrepris d’élaborer des plans d’urgence en vue d’une éventuelle action militaire.

L’UA a qualifié ce type de rhétorique de « dangereuse et contre-productive ».

Tout en reconnaissant la complexité du contexte sécuritaire nigérian, marqué par le terrorisme, le banditisme et les conflits communautaires, le bloc régional a exhorté ses partenaires à aider Abuja par le biais du renforcement des capacités, de la coopération en matière de renseignement et d’initiatives de consolidation de la paix plutôt que par des mesures coercitives.

Elle avertissait que « simplifier ces défis multiformes à travers un prisme religieux risque d’attiser les tensions et de compromettre les solutions à long terme ».

Mardi, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a exprimé son inquiétude et a déclaré rejeter « fermement » les allégations américaines selon lesquelles le Nigeria aurait permis à des terroristes de tuer des chrétiens.

Le bloc a rejeté les « allégations fausses et dangereuses qui visent à aggraver l’insécurité dans les communautés et à affaiblir la cohésion sociale dans la région ».

La CEDEAO, récemment présidée par le président nigérian, a souligné que les attaques terroristes en Afrique de l’Ouest visaient des civils de toutes confessions et a appelé les Nations Unies et les partenaires internationaux à soutenir les efforts de lutte contre le terrorisme tout en « traitant comme fausses toutes les allégations selon lesquelles ces groupes terroristes cibleraient un groupe ou qu’il y aurait un génocide d’un groupe religieux dans la région ».

Parallèlement, l’Union européenne (UE), par la voix de son ambassadeur au Nigéria et auprès de la CEDEAO, Gautier Mignot, a affirmé sa solidarité avec le Nigéria. Il a déclaré :

« Solidarité avec les victimes de la violence, avec les autorités qui œuvrent à la protection des citoyens et avec le peuple nigérian qui, dans son immense majorité, aspire à la coexistence pacifique au-delà des clivages ethniques et religieux. Nous respectons la souveraineté du Nigéria et son engagement constitutionnel en faveur de la neutralité religieuse. »

Mignot a ajouté que l’UE était prête à approfondir sa coopération en matière de paix, de sécurité et de défense, et à poursuivre le dialogue avec la société civile, ainsi qu’avec les chefs traditionnels et religieux.

Ahmad Diallo

Je suis Ahmad Diallo, Rédacteur en chef chez AfrikMag. Très friand de lecture, de rédaction et de découverte. Mes domaines de prédilection en matière de rédaction sont la politique, le sport et les faits de société. Email : [email protected]

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