À la UneNigeriaSociété

Nigeria/ Face à la pénurie de maris, voici la nouvelle stratégie des femmes célibataires

La question de la pénurie de maris n’est pas propre au seul Nigeria, plusieurs femmes dans le monde entier sont également confrontées au même problème. Dans cette analyse, Wale Akinola a discuté avec certaines femmes concernées qui ont partagé leurs expériences. Il s’est également entretenu avec des experts et des chefs religieux sur des solutions durables à cette situation.

Après de nombreuses années de recherche d’un homme qui accepterait de l’épouser, Khadijah, 37 ans, a finalement accepté son destin. Pour elle, vivre seule n’était pas dans ses projets, mais lorsque les prétendants ont refusé de venir, elle a décidé d’avancer dans sa vie. Titulaire d’une maîtrise en électricité et en électronique d’une des universités du nord du pays, Khadijah a déclaré que ce problème ne lui était pas propre car certaines de ses amies subissent le même sort.

Contrairement à l’époque où les hommes tournaient autour d’une femme comme des abeilles et rivalisaient pour l’avoir comme partenaire, l’histoire n’est plus la même aujourd’hui car les femmes sont plus nombreuses que les hommes et les rares d’entre eux ne sont pas prêtes à se marier. Racontant son calvaire, la belle Khadijah, qui a obtenu sa licence à l’âge de 25 ans, a déclaré qu’elle pensait se marier avant d’atteindre 30 ans. Elle a noté que lorsque les choses ne se sont pas déroulées comme prévu, elle a dû s’inscrire à un programme de maîtrise lorsqu’elle a eu 31 ans. Selon elle, elle a eu deux relations amoureuses mais a décidé d’y mettre fin lorsqu’elle a réalisé que ceux-ci n’avait pas l’intention de l’épouser.

Publicité

« Il ne m’est pas possible de supplier les hommes de m’épouser à tout prix, mais que faites-vous lorsque vos attentes ne sont pas satisfaites ? Est-ce que vous vous tuez ? Non, vous devez retourner auprès de votre Dieu et demander sa miséricorde. Cette question de la pénurie d’hommes ici dans le nord est une grande préoccupation pour les parents et les tuteurs. »

Khadijah affirme qu’elle n’a jamais pensé qu’elle serait célibataire à cet âge. Aucun homme n’est prêt à la demander en mariage, non pas parce qu’elle est laide ou inculte, mais pour des raisons qu’elle n’a pas encore comprises.

Oluwaseyi, 35 ans, qui vit dans la région d’Ikorodu dans l’État de Lagos, a déclaré qu’elle considérait son incapacité à trouver un mari comme un grand problème en raison de la pression interne exercée par sa famille, ses amis et ses proches. Elle a noté qu’elle ne trouve pas la vie facile à cause de sa situation.

Oluwaseyi a déclaré qu’au cours des trois dernières années, elle a fréquenté environ quatre hommes mais que leur relation a échoué en raison de leur manque d’engagement. Elle a déclaré qu’elle pleurait chaque fois qu’elle voyait ses amies avec leurs maris et leurs enfants, déplorant qu’il soit triste qu’elle n’ait pas d’enfant ou de mari à l’âge de 35 ans.

S’adressant à Legit, une conseillère en genre basée à Lagos, Adewunmi Kemi, a noté que la recherche de maris est devenue l’un des principaux défis auxquels sont confrontées de nombreuses jeunes filles aujourd’hui. Elle a déclaré que le fait que dans de nombreuses églises, la majorité des sujets sont une prière pour un partenaire de vie, appelle à une grande préoccupation. Mme Adewunmi se demande si leurs mères et leurs grands-mères ont vraiment été confrontées au problème de la pénurie de maris ou s’il y avait un nombre suffisant d’hommes à leur époque.

Les causes de la pénurie de maris

Elle a identifié le chômage comme l’une des principales causes de la pénurie de maris au Nigeria, affirmant que ce n’est plus une nouvelle que le taux de chômage au Nigeria s’augmente chaque jour. Selon elle, cette situation décourage les hommes à se marier.

Elle a souligné que peu de femmes sont prêtes à épouser un homme qui gagne moins qu’elles, ajoutant qu’à mesure que les revenus des femmes augmentent, les femmes considèrent que les hommes qui gagnent moins ne sont pas dignes de les épouser.

Un responsable du ministère fédéral du Commerce et de l’Investissement, à Abuja, Abdul-Hakeem Olawoyin, a déclaré que le niveau d’insécurité dans le pays est un autre facteur qui contribue à la pénurie de maris au Nigeria.

Il a déclaré que de nombreux hommes valides ont été tués, en particulier dans la partie nord du pays au cours des dernières années, en raison de l’insurrection de la secte Boko Haram. Olawoyin a noté que certains soldats ont été tués dans la bataille contre les redoutables insurgés de Boko Haram, ajoutant que les femmes qui sont devenues veuves ne trouvent pas des hommes qui sont prêts à les épouser.

Les croyances religieuses : Il a également noté qu’il y a plus de femmes célibataires dans le sud du Nigeria en raison de leurs croyances religieuses, ajoutant que si l’islam, qui est la religion prédominante dans le nord, permet à un homme d’épouser plus d’une femme, le christianisme, qui est populaire dans le sud, prêche la monogamie.

Publicité 2

Quelles sont les implications pour une femme sans mari ?

Abdul-Hakeem Olawoyin  affirme que dans certaines régions du pays, toute femme qui vit sans mari peut être accusée de promiscuité, ajoutant que si le mari d’une femme meurt, elle devrait être autorisée à épouser un autre homme de son choix. Olawoyin a ajouté que toute femme âgée de plus de 30 ans dans la culture Yoruba qui refuse d’amener son futur mari à ses parents sera confrontée à certaines formes d’abus et d’insultes de la part de personnes au sein et en dehors de sa famille.

Que se passera-t-il dans les prochaines années si le problème persiste ?

Gbolahan Olayiwola, économiste et psychologue social, a déclaré à Legit  que le nombre de femmes célibataires pourrait doubler par rapport au chiffre actuel si le gouvernement, les parents et les chefs religieux ne font rien.

Selon lui, le taux élevé de femmes célibataires dans la société peut contribuer à l’augmentation du taux de vices sociaux comme la fornication et le lesbianisme.

Crédit photo : aljazeera

Gaelle Kamdem

Bonjour, Gaelle Kamdem est une rédactrice chez Afrikmag. Passionnée de la communication et des langues, ma devise est : « travail, patience et honnêteté ». Je suis une amoureuse des voyages, de la lecture et du sport. paulegaelle@afrikmag.com

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page