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Renouvellement Des Liens Entre L’UE Et L’Afrique

Vers une approche fondée sur le « Consensus d’Abou Dhabi »

En début Février, une réunion ministérielle historique s’est tenue à l’Agence Internationale de l’Énergie à Paris. Coprésidée par la France et l’Irlande, elle a mis en lumière le fait que l’accord historique conclu entre 198 pays lors du sommet sur le climat de l’ONU COP28 à Dubaï l’année dernière, n’était pas qu’un geste symbolique, mais un signe positif que le monde franchit une étape en matière d’action climatique.

Les ministres du Climat et de l’Énergie de près de 50 pays ont convenu qu’il était judicieux d’accélérer le processus de mise en place de ce qui est désormais appelé le « Consensus des EAU ». L’objectif de ce consensus est d’abandonner les combustibles fossiles, de tripler la capacité des énergies renouvelables, de doubler les progrès en matière d’efficacité énergétique et de réduire les émissions mondiales de méthane d’ici à 2030.

Ce progrès s’accompagne d’une lacune flagrante : l’Afrique.

La réunion de l’AIE a donné naissance à de nouvelles initiatives importantes pour soutenir l’engagement dans les économies émergentes et en voie de développement, telles qu’un nouveau bureau régional de l’AIE à Singapour, et le début de discussions pour envisager l’adhésion pleine et entière de l’Inde à l’AIE. Mais absent dans cette toute nouvelle initiative mondiale visant à accélérer les investissements dans les énergies propres à travers le continent africain, nonobstant qu’il possède le plus grand potentiel solaire au monde.

Piégés par des attitudes coloniales et des perceptions dépassées, motivés par l’intérêt européens sur des questions telles que : la migration et le terrorisme, les décideurs politiques de l’UE ont trébuchés d’une crise à l’autre dans leurs relations avec les Etats africains en particulier dans la région du Sahel.

L’évidence en est dans l’effondrement total de l’influence de la France en Afrique. Où une vague de coups d’Etats dans les anciennes colonies françaises a contraint les troupes françaises à se retirer du Mali, du Burkina Faso et du Niger pour se retrouver dans une sorte de « dernier carré » au Tchad.

 

Le Tchad est le deuxième pays le plus vulnérable aux changements climatiques, connaissant à la fois une sècheresse drastique (le lac Tchad, principale source d’eau pour 30 millions de personnes, a diminué de 90 % depuis 1963) et des inondations sans précédent.

 

Malgré les modestes investissements de la France dans l’agriculture et l’éducation au Tchad, ceux-ci se sont faits au détriment de la démocratie et des droits de l’homme L’objectif est de préserver la stabilité de l’influence française plutôt que de promouvoir le peuple tchadien.

L’approche française illustre pourquoi l’Europe perd de l’influence en Afrique, alors que la Russie et la Chine consolident la leur.

Le Dr Sultan Al Jaber, président du COP28, a exhorté dans son premier discours au siège de l’AIE à Paris les gouvernements et les industries à prendre des mesures « sans précédent » sur la base du Consensus des EAU.

Cela inclut l’idée d’amener les industries à « décarboniser à grande échelle », en veillant également aux efforts déployés par les gouvernements pour résoudre les problèmes liés à la demande via des investissements massifs dans l’expansion des réseaux nationaux.

Actuellement, l’accent est mis sur la ‘dérisquisation’ du financement pour inciter les investisseurs étrangers à injecter les capitaux dans de nouvelles initiatives africaines en matière d’énergies renouvelables.

L’appel extraordinaire du président du COP28 à la transformation de l’ensemble du système financier international, doit être entendu. Les économies en développement en Afrique ont besoin de financements à faible coût, de conditions de remboursements équitables et d’une plus grande propriété publique en Afrique pour garantir que les bénéfices profitent à la fois aux investisseurs privés et aux gouvernements africains.

À bien des égards, les EAU ont donné un exemple passionnant de la manière dont l’Europe peut le faire. La société d’énergies renouvelables détenue par l’EAU, Masdar, est désormais le plus grand opérateur d’énergies renouvelables en Afrique. Juste avant le sommet COP28, le Dr Al Jaber s’est engagé à mobiliser un total de 13 milliards de dollars pour prouver l’intérêt commercial des investissements dans les énergies propres en Afrique.

L’Europe doit comprendre que l’investissement dans les énergies propres en Afrique n’est pas de la charité, mais également une clé pour libérer le potentiel de l’Afrique et ouvrir la porte à un nouveau partenariat équitable avec l’Europe.

Née à Ndjamena, au Tchad, Nathalie Beasnael est la fondatrice de l’organisation à but non lucratif Health4Peace, qui fournit des équipements médicaux aux hôpitaux des zones rurales du Tchad, du Sénégal, du Ghana, de l’Afrique du Sud et du Nigeria. Elle a été déléguée officielle au sommet sur le climat COP28 de l’ONU à Dubaï.

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