
Une coalition menée par le Royaume-Uni et la France, aux côtés de près de 30 pays, intensifie ses efforts pour rouvrir le détroit d’Ormuz, une mesure qui pourrait apporter un soulagement bienvenu aux économies africaines confrontées à la hausse des prix du carburant.
Cette nouvelle initiative fait suite à une réunion qui s’est tenue le 19 mars, au cours de laquelle les dirigeants du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, des Pays-Bas et du Japon ont officiellement manifesté leur volonté d’assurer la sécurité du passage maritime sur cette voie pétrolière essentielle.
Dans une déclaration conjointe publiée par le gouvernement britannique, les six pays ont apporté leur soutien aux plans préparatoires d’opérations coordonnées visant à sécuriser la navigation dans la région.
Ils ont condamné la pose de mines, ainsi que les attaques continues de drones et de missiles qui ont effectivement fermé le détroit à la navigation commerciale, et ont appelé l’Iran à cesser les hostilités et à se conformer à la résolution 2817 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Depuis, la coalition s’est élargie pour inclure une trentaine de pays, et la Grande-Bretagne et la France devraient présider cette semaine des discussions visant à officialiser une mission conjointe pour rouvrir la voie navigable , selon les médias britanniques.
Une réunion des chefs de la défense est prévue dans les prochains jours, et un responsable a déclaré : « Je prévois qu’il y aura prochainement une conférence sur la sécurité du détroit d’Ormuz. »
Le quotidien français L’Orient-Le Jour rapporte également que le Royaume-Uni a proposé d’accueillir un sommet de suivi à Portsmouth ou à Londres pour finaliser les détails opérationnels, les responsables indiquant que la coalition s’efforcerait de rouvrir la voie navigable « dès que les conditions seront réunies ».
Ce renforcement de la coordination diplomatique et militaire souligne l’urgence croissante, pour les puissances mondiales, de rétablir la stabilité dans l’un des corridors énergétiques les plus critiques au monde.
La vulnérabilité de l’Afrique face aux combustibles fossiles mise en lumière
L’urgence de rouvrir le détroit se fait cruellement sentir à travers l’Afrique. L’Afrique du Sud se prépare à une forte hausse des prix des carburants, due à la perturbation des routes d’approvisionnement mondiales et à la récente décision de l’Inde d’imposer des droits d’exportation sur les produits raffinés.
En tant que fournisseur majeur de l’Afrique du Sud, le changement de politique de l’Inde devrait entraîner une hausse significative des coûts d’importation dans les semaines à venir.
Le Nigeria est également confronté à une pression croissante, les prix des carburants ayant augmenté d’environ 39 % ces dernières semaines, ce qui souligne la vulnérabilité plus générale des économies africaines aux chocs énergétiques mondiaux.
Sur tout le continent, les pays dépendants des produits pétroliers importés sont confrontés à un approvisionnement plus restreint, à une hausse des coûts de transport et à un affaiblissement de leurs monnaies.
L’Égypte, la plus grande économie d’Afrique du Nord, a mis en place des mesures d’urgence d’économie d’énergie, alors que le choc économique de la guerre en Iran se répercute au-delà du Moyen-Orient, réduisant les approvisionnements en carburant et exerçant une pression sur les finances publiques.
Le détroit d’Ormuz demeure un point de passage énergétique crucial à l’échelle mondiale, assurant une part importante des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Sa fermeture a entraîné des allongements des routes maritimes et une hausse des primes d’assurance, provoquant ainsi une flambée des prix mondiaux des carburants .
Une réouverture réussie contribuerait à stabiliser les chaînes d’approvisionnement et à atténuer les pressions sur les coûts pour les importateurs africains.
Toutefois, cette crise met également en lumière un problème structurel plus profond : la dépendance persistante du continent à l’égard des marchés extérieurs des combustibles, renforçant la nécessité d’accroître les capacités de raffinage nationales et de mettre en place des stratégies de sécurité énergétique.



