
Les Témoins de Jéhovah ont annoncé une modification importante de leur position de longue date sur les transfusions sanguines, permettant à leurs membres de décider de conserver ou non leur propre sang et de l’utiliser ultérieurement pour des interventions médicales.
Cette mise à jour, qualifiée de « clarification » par l’instance dirigeante de la confession, signifie que les fidèles peuvent désormais choisir de se faire prélever du sang et de le faire conserver à l’avance en vue d’interventions chirurgicales susceptibles d’entraîner d’importantes pertes sanguines. Cependant, l’organisation maintient son interdiction de recevoir des transfusions sanguines, un élément fondamental et controversé de ses enseignements.
Gerrit Lösch, membre du Conseil d’administration, a déclaré que ce changement faisait suite à « de nombreuses prières et à une profonde réflexion », soulignant que la conscience personnelle devait guider les décisions concernant l’utilisation de son propre sang. « Chaque chrétien doit décider lui-même de la manière dont son sang sera utilisé dans tous les soins médicaux et chirurgicaux », a-t-il affirmé.
Cette croyance découle de l’interprétation par le groupe de passages bibliques enjoignant à ses adeptes de « s’abstenir de sang », une règle qu’ils appliquent non seulement à l’alimentation, mais aussi aux transfusions sanguines. Si certaines procédures impliquant une circulation sanguine continue, comme la dialyse, ont été autorisées par le passé, la conservation du sang en vue d’une utilisation ultérieure a toujours été interdite.
Cette modification a suscité des réactions mitigées, notamment parmi les anciens membres. Certains l’ont saluée comme un progrès, tandis que d’autres ont estimé qu’elle était insuffisante, soulignant que le maintien de l’interdiction du don de sang pourrait encore limiter l’accès aux traitements vitaux en cas d’urgence.
Les experts médicaux notent que l’utilisation du propre sang du patient, appelée transfusion autologue, peut réduire les risques tels que les infections ou les réactions immunitaires, même si elle n’est pas toujours possible, notamment dans des situations d’urgence ou lorsque les ressources sont limitées.
L’organisation, qui compte plus de neuf millions de membres dans le monde, a réaffirmé que sa conviction fondamentale concernant le caractère sacré du sang reste inchangée, même si elle s’adapte à l’évolution des pratiques médicales.



