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« Tu paies ton billet d’avion, tu laves ton équipement » : Alex Iwobi sur son expérience avec le Nigeria

L’international nigérian est revenu sur certains aspects logistiques liés à sa participation aux matchs des Super Eagles

Jouer pour une sélection nationale africaine relève parfois du parcours du combattant, et ce ne sont pas les stars de la Premier League qui diront le contraire. Lors d’un passage sans langue de bois dans le podcast « Beast Mode On » animé par Adebayo Akinfenwa, le milieu de terrain de Fulham, Alex Iwobi, est revenu sur ses premiers pas marquants et pour le moins rustiques avec les Super Eagles du Nigeria.

Aujourd’hui cadre incontournable de la sélection avec 100 apparitions sous le maillot vert et blancdepuis 2015, le joueur de 30 ans aurait pu connaître une tout autre trajectoire internationale. Après avoir fait ses armes dans toutes les catégories de jeunes avec l’équipe d’Angleterre, Iwobi touchait du doigt les Three Lions seniors lorsqu’il a été contacté par son pays d’origine à l’âge de 19 ans.

« J’ai parlé à mon père et à mon oncle, et ils m’ont dit : « Essaye au moins le Nigeria, et si ça ne te plaît pas, tu pourras dire que tu as tenté le coup » », raconte l’ancien joueur d’Arsenal.

Une fois sur place, le jeune international – alors simple espoir chez les Gunners – découvre une réalité bien éloignée du confort des centres d’entraînement londoniens. Au micro d’Akinfenwa, il décrit des conditions d’accueil et de logistique dignes du système D :

« Je suis allé au Nigeria. Évidemment, il faut réserver son propre billet d’avion. On était genre trois dans ma chambre. Tu arrives à l’hôtel et il n’y a pas d’électricité. Tu laves ton propre maillot. Le terrain n’est qu’à moitié en herbe et à moitié en synthétique. Si tu fais une seule mauvaise passe, l’entraîneur te crie dessus. »

Des révélations qui accentuent les problèmes récurrents au sein des sélections nigérianes. Au fil des années, de nombreux joueurs ont publiquement tiré la sonnette d’alarme concernant le retard de remboursement des billets d’avion, le non-paiement des primes de rassemblement ou la vétusté des infrastructures.

Malgré ce choc logistique, le coup de cœur pour la nation a été immédiat pour le natif de Lagos. La chaleur des supporters et le sentiment de retrouver ses racines ont balayé toutes les coupures d’électricité et les maillots lavés à la main.

« J’ai adoré la nourriture. Je me sentais vraiment comme chez moi », se remémore-t-il avec le sourire. « Je ne m’étais même pas encore fait un nom à Arsenal ; j’étais encore au bord d’y arriver. Mais j’étais célébré par les Nigérians. L’amour que je recevais était dingue. »

Depuis ce premier rassemblement mémorable, Alex Iwobi s’est imposé comme un pillier du football nigérian. Il a disputé plusieurs Coupes d’Afrique des Nations (CAN) — décrochant une médaille de bronze et une médaille d’argent lors des dernières éditions — et a représenté le Nigeria lors de la Coupe du Monde 2018 en Russie.

Felicia Essan

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