
Etienne Davignon , un ancien diplomate belge de 93 ans a été sommé par un tribunal de Bruxelles de comparaître devant la justice pour son implication présumée dans l’assassinat du premier Premier ministre du Congo et figure emblématique de l’anticolonialisme, Patrice Lumumba.
Cette décision marque une étape importante dans la quête de vérité et de justice pour la famille de Lumumba, qui a intenté l’action en justice.
Davignon est accusé de crimes de guerre, notamment pour sa participation à la détention et au transfert illicites de Lumumba, ainsi que pour des traitements humiliants et dégradants. Il est également accusé d’avoir été impliqué dans l’assassinat de deux alliés politiques de Lumumba, Maurice Mpolo et Joseph Okito.
La Belgique avait déjà reconnu sa responsabilité morale dans la mort de Lumumba en 2002, mais c’est la première fois qu’un responsable belge est poursuivi pour cette affaire. Le procès de Davignon est attendu comme un moment clé dans l’histoire de la République démocratique du Congo et des relations entre la Belgique et son ancienne colonie.
L’assassinat de Patrice Lumumba, qui avait lieu le 17 janvier 1961, a été un choc pour l’opinion publique internationale et a marqué un tournant dans l’histoire de l’Afrique post-coloniale. La décision de juger Davignon est un pas vers la justice et la reconnaissance des crimes commis pendant la période coloniale.
La famille de Lumumba et les avocats de la partie civile attendent avec impatience ce moment pour obtenir justice et vérité sur les circonstances de l’assassinat de leur parent.
Si le procès a lieu, Davignon serait le premier responsable belge à comparaître devant la justice en 65 ans depuis l’assassinat de Patrice Lumumba et la dissolution de son corps dans l’acide.
Alors que dix personnes avaient été accusées de complicité dans le meurtre de Lumumba, Davignon est aujourd’hui le seul suspect encore en vie.
Patrice Lumumba, devenu Premier ministre du pays — aujourd’hui connu sous le nom de République démocratique du Congo — lors de son indépendance vis-à-vis de la Belgique le 24 juin 1960, a été renversé en septembre de la même année, puis assassiné quelques mois plus tard, le 16 janvier 1961, par un groupe rebelle sécessionniste soutenu par la Belgique.



