Europe

Une prostituée nigériane tuée à Bruxelles honorée par la ville

Eunice Osayande est arrivée dans la capitale belge Bruxelles en 2016 après s’être vu promettre du travail et un meilleur avenir en Europe. Son voyage du Nigeria à Bruxelles a été difficile. Avec quelques autres filles, Osayande a non seulement dû traverser vers l’Italie sur un bateau pneumatique, mais elle aurait également été violée plusieurs fois au cours du voyage.

Le groupe d’hommes avec qui elle voyageait lui avait dit qu’ils étaient des agents d’acteurs qui feraient d’elle une star de cinéma. Mais il s’agissait en fait de trafiquants d’êtres humains. À son arrivée à Bruxelles, Osayande a immédiatement été contrainte de se prostituer. On lui a dit qu’elle devait 52 000 dollars au gang de passeurs pour son transit, son loyer et ses proxénètes.

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En juin 2018, environ deux ans après son arrivée à Bruxelles, elle a été poignardée à mort 17 fois par un client mécontent dans le quartier de la Gare du Nord. Elle avait 23 ans. Le client qui a été accusé de l’avoir poignardée était un jeune homme de 17 ans. Il a été arrêté deux semaines plus tard. En janvier de cette année, quatre personnes impliquées dans le trafic d’Osayande ont été condamnées à des peines allant de 33 mois à quatre ans de prison.

Selon la BBC, Eunice Osayande a contacté une organisation caritative pour les travailleurs du sexe quelques semaines avant sa mort pour se plaindre qu’elle était souvent victime de violences dans son travail. Elle avait peur de se présenter à la police parce qu’elle n’avait pas de papiers. La communauté des travailleurs de sexe migrants de Bruxelles, qui connaît des difficultés similaires, notamment des vols et des passages à tabac, a organisé des manifestations un an après la mort d’Osayande pour demander de meilleures conditions de travail.

Pour attirer l’attention sur le sort de ces travailleuses du sexe et d’autres femmes victimes de la traite des êtres humains et de violences sexuelles, la ville de Bruxelles a annoncé qu’elle allait donner le nom d’Osayande à une nouvelle rue. La rue portera son éponyme et reliera le Quai de Willebroeck et le Quai des Péniches, près de la Gare du Nord, derrière laquelle Osayande a été assassinée, selon le Brussels Times.

« Le féminisme concerne toutes les femmes et inclut les droits et les luttes des femmes à tous les niveaux sociaux. 42% des femmes âgées de 16 à 69 ans ont subi au moins une fois des violences physiques et sexuelles », explique Ans Persoons, Échevine de l’Urbanisme en charge de la Dénomination des voiries.

Cette rue sera la première à porter le nom d’une travailleuse du sexe dans le pays. Cette décision s’inscrit également dans le cadre d’une campagne plus large visant à reconnaître davantage de femmes en Belgique.

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LIRE AUSSI: « Personne ne m’a dit que je deviendrais une prostituée » : une nigériane victime de trafic humain partage son horrible expérience (Vidéo)

Crédit photo : promptnews

Gaelle Kamdem

Bonjour, Gaelle Kamdem est une rédactrice chez Afrikmag. Passionnée de la communication et des langues, ma devise est : « travail, patience et honnêteté ». Je suis une amoureuse des voyages, de la lecture et du sport. paulegaelle@afrikmag.com

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