
Une jeune veuve zimbabwéenne se trouve au cœur d’un scandale national après qu’une vidéo la montrant en compagnie d’un homme, une semaine seulement après l’enterrement de son mari, a été diffusée sur Crime Watch Zimbabwe.
La séquence, devenue virale, a déclenché une vague de critiques et d’humiliations publiques, relançant le débat sur les attentes genrées en matière de deuil et les pratiques traditionnelles entourant le veuvage.
La vidéo montre la veuve surprise au lit avec un autre homme dans son domicile conjugal par la famille de son défunt époux. Selon ses déclarations, la confrontation a rapidement dégénéré : sa belle-famille l’aurait insultée, frappée et accusée de manquer de respect envers la mémoire du disparu.
« Ils m’ont traitée comme une criminelle », a-t-elle affirmé, dénonçant une agression physique et psychologique.
Pourtant, la jeune femme assume son choix. Elle explique avoir lutté contre des « envies d’intimité » depuis le décès de son mari et avoir décidé d’y céder.
« Ils auraient dû me demander comment je gérais mon chagrin au lieu de me juger », a-t-elle déclaré, rejetant avec sarcasme l’idée qu’elle aurait dû se confier à ses beaux-parents ou aux frères de son défunt mari pour trouver du réconfort.
L’affaire a ravivé les critiques contre les normes traditionnelles imposées aux veuves, souvent bien plus strictes que celles appliquées aux veufs. Dans de nombreuses communautés africaines, les femmes sont censées observer une période de deuil pouvant aller jusqu’à un an, voire davantage, avant d’envisager une nouvelle relation. Certaines cultures imposent même des rituels de « purification » — parfois violents ou sexuels — pour « libérer » la veuve de l’esprit de son mari défunt .
En revanche, les hommes sont rarement soumis aux mêmes contraintes.
Sur les plateformes en ligne, les réactions sont partagées. Si certains internautes condamnent son attitude, jugée « indécente », d’autres défendent son droit à reprendre le contrôle de sa vie.
« Son corps, son choix. Le deuil n’a pas de calendrier imposé », écrit un utilisateur sur Twitter.
D’autres soulignent l’hypocrisie d’une société qui tolère la polygamie mais sanctionne une femme cherchant du réconfort après un drame personnel. « Pourquoi la sexualité des femmes est-elle toujours surveillée ? » interroge une commentatrice sur Facebook.
Malgré la tempête médiatique, la veuve concernée refuse de s’excuser.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des pratiques traditionnelles liées au veuvage en Afrique. Au Kenya, en Zambie et ailleurs, des voix s’élèvent contre les rituels de purification forcée, souvent associés à des risques accrus de transmission du VIH et à des violences sexuelles .
Au Zimbabwe, où les coutumes similaires persistent dans certaines régions, des associations militent pour une réforme légale protégeant les veuves des pressions familiales.



