
Le président du Kenya, William Ruto, a suscité une vive polémique lors d’une récente intervention publique en affirmant la supériorité linguistique de ses concitoyens.
Selon lui, l’anglais parlé au Nigeria serait si difficile à comprendre qu’il nécessiterait… une traduction.
C’est une petite phrase qui ne passe pas inaperçue sur le continent. Connu pour son franc-parler, le président kenyan William Ruto a lancé une pique directe à l’encontre des Nigérians, touchant un point sensible : la maîtrise de la langue de Shakespeare.
Lors d’une fonction officielle, le chef de l’État ne s’est pas contenté de vanter les mérites de son pays ; il a ouvertement comparé le niveau d’éducation kenyan à celui de la première puissance économique d’Afrique de l’Ouest.
« Vous savez, notre éducation est de qualité. Notre anglais est bon. Nous parlons l’un des meilleurs anglais au monde. C’est la vérité », a-t-il déclaré avec assurance.
Mais c’est la suite de son discours qui a mis le feu aux poudres. William Ruto a pointé du doigt l’accent et la syntaxe nigériane, souvent influencés par le Pidgin (créole à base d’anglais très populaire en Afrique de l’Ouest).
« Si vous écoutez un Nigérian parler, vous ne comprenez pas ce qu’il dit. Vous avez besoin d’un traducteur, même s’il parle en anglais », a ajouté le président, provoquant des rires dans l’assemblée, mais un tollé prévisible sur les plateformes numériques.
Cette déclaration intervient dans un contexte de rivalité amicale mais féroce entre les deux géants anglophones de l’Afrique. Si le Kenya se targue souvent d’un anglais académique et formel, le Nigeria, de son côté, rayonne mondialement grâce à son industrie culturelle (Nollywood, Afrobeats) qui a imposé son accent et son argot comme une marque de fabrique globale.
Sur X (anciennement Twitter), les internautes nigérians n’ont pas tardé à répliquer, rappelant au président kenyan que leur « anglais » s’exporte partout dans le monde via la musique de Burna Boy ou Wizkid, là où l’anglais kenyan reste plus discret.
Et vous, qu’en pensez-vous ? L’accent est-il une barrière à la compréhension ou une richesse culturelle ?



