Que deviennent les ex Barons du regime Compaoré

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Après la chute de l’ancien président Blaise Compaoré. Il est à se demander ce que deviennent ses anciens compagnons qui ont œuvré à le maintenir au pouvoir.

A l’instar de leur  “chef”, leur destin a basculé en ce jour du 31 octobre 2014, jour où Blaise Compaoré a été déposé par la force du peuple. Certains ont fui le pays, d’autres sont restés. A l’étranger ou au Burkina, tous s’efforcent désormais de se faire le plus discrets possible.

Gilbert Diendéré, Alizéta Ouédraogo, Assimi Kouanda… Autant de noms qui incarnent le régime Compaoré et qui sont aujourd’hui dans une posture délicate.
François Compaoré  (Frère cadet de Blaise Compaoré)

Il fût l’une des première victime du soulèvement. En effet dès les premières heures des manifestations le 30 octobre, François Compaoré a vu sa villa saccagé avant qu’elle ne soit mise en feu. C’est de peu qu’il a échappé lui-même. Depuis le frère du Président a fait silence radio. A-t-il suivi l’ancien président à Yamoussoukro ou pris la direction du Bénin avec sa femme et sa belle-mère ? Il reste à ce jour le seul membre du clan Compaoré à rester introuvable.

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Alizéta Ouédraogo (Belle-mère de François Compaoré)

Elle est surnommée la “belle-mère nationale”. Alizéta Ouédraogo, qui a été présidente de la Chambre de commerce et d’industrie, est accusée par de nombreux compatriotes d’avoir largement profité du régime Compaoré. Elle également a vu sa villa brûlée et pillée par les manifestants, le 30 octobre dernier. Le lendemain, elle embarque dans le convoi présidentiel et quitte Ouagadougou. Elle ne va pas en Côte d’Ivoire mais prend la direction du Bénin. De Cotonou, elle s’envole quelques jours plus tard pour Paris avec sa fille, l’épouse de François Compaoré. Rencontrée par le journal  Jeune Afrique dans la capitale française, elle dit ne pas avoir vu venir la chute de “Blaise” et espère pouvoir rentrer au pays.

Assimi Kouanda (Secrétaire Exécutif national du CDP)

Le patron du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti présidentiel, était un soutien actif du projet de modification constitutionnelle de Blaise Compaoré. Chargé d’animer la campagne politique en faveur de l’ancien président, Assimi Kouanda s’est attiré les foudres de nombreux opposants et sa maison a été une des premières détruites le jeudi 30 octobre. Le 5 novembre, accusé d’avoir publiquement tenu des propos pouvant causer des troubles à l’ordre publique – il avait appelé ses troupes à se défendre en cas d’attaque -, il a été interpellé et “placé en sécurité” par les militaires en charge de la transition. Selon une source sécuritaire, il est depuis interné au camp de gendarmerie Paspanga, à Ouagadougou.

Alain Yoda (Ex-chef du groupe CDP à l’Assemblée nationale)

Alain Yoda devait jouer un rôle important dans la mise en œuvre du projet de modification constitutionnelle de Blaise Compaoré. Le texte devant passer à l’Assemblée nationale, il avait en effet un poste stratégique en tant que président du groupe parlementaire du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, parti présidentiel). Les manifestants, en prenant d’assaut l’Assemblée, en ont décidé autrement. Il s’est mis en sécurité durant les jours de troubles, avant de faire une apparition furtive le 6 novembre à l’hôtel Laico, où se tenaient des négociations sur la suite de la transition. Sa présence a déclenché la fureur des opposants et de la société civile, et il a été contraint de quitter les lieux sous bonne escorte. Il est aujourd’hui introuvable.

Adama Zongo (Président de la Fedap-BC)

Supporteur zélé de Blaise Compaoré, Adama Zongo est le président de la Fédération associative pour la paix avec Blaise Compaoré (Fedap-BC), une association de soutien à l’ancien chef de l’État. Les mois précédant la chute de “Blaise”, il n’a pas ménagé sa peine pour convaincre ses compatriotes de se rallier au camp présidentiel. Accusé de provoquer des troubles à l’ordre public, il a été interpellé le 5 novembre avec Assimi Kouanda et “placé en sécurité” par les militaires en charge de la transition. Selon une source sécuritaire, il est depuis interné au camp de gendarmerie Paspanga, à Ouagadougou, avec le secrétaire exécutif national du CDP.

Gilbert Noël Ouédraogo (Président de l’ADF-RDA)

Depuis qu’il s’est rallié au projet de modification constitutionnelle de Blaise Comaporé, Gilbert Noël Ouédraogo, le président de l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA), la troisième force politique du pays, est considéré comme un traître par de nombreux opposants. Son domicile fait partie de ceux qui ont été incendié le 30 octobre. Il vit depuis dans une autre maison à Ouagadougou, a fait un mea culpa et se tient en retrait de la vie politique. Il a également fait un court séjour à Marrakech, du 27 au 29 novembre, pour l’assemblée générale annuelle du “Réseau libéral africain”, dont il est vice-président.

Luc Adolphe Tiao (Ex-Premier ministre)

L’ancien chef du gouvernement est resté à Ouagadougou durant les deux jours qui ontébranlé le régime de Blaise Compaoré. Le vendredi 31 octobre, tôt le matin, alors que la tension est à son comble, il fait partie des quelques proches qui exhorte l’ancien président à démissionner. “Blaise” s’exécute quelques heures plus tard et quitte Ouagadougou. Luc Adolphe Tiao se rend lui dans son village de Pouni, à une centaine de kilomètres à l’est de la capitale. II y est toujours aujourd’hui et se réfugie dans le silence.

Lucien Bembamba (Ex-ministre de l’Economie et des Finances)

Lucien Bembamba était l’un des ministres les plus proches de Blaise Compaoré. Et pour cause : l’ex-ministre de l’Économie et des Finances a épousé Béatrice, une des sœurs de l’ancien président. Entre son poste stratégique et ses liens familiaux, il était donc une pièce maîtresse de l’ancien régime. Ancien directeur général du Trésor, qu’il a dirigé pendant plus de dix ans, Lucien Bembamba a disparu de la circulation après le 31 octobre. Selon la Lettre du continent, il se serait envolé pour Paris avec sa famille début novembre, à bord du même avion qu’Alizéta Ouédraogo.

Djibril Bassolé (Ex-ministre des Affaires Etrangères)

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Emblématique chef de la diplomatie burkinabè depuis 2007, Djibrill Bassolè était une desfigures du système Compaoré. Comme Luc Adolphe Tiao, il presse l’ancien président à démissionner, le vendredi 31 octobre dans la matinée. Plus chanceux que d’autres, son domicile ouagalais n’a pas été visé par les manifestants. L’ancien ministre des Affaires étrangères réside donc toujours à Ouagadougou. Envoyé spécial de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) pour le Sahel, il effectue ponctuellement des déplacements dans la sous-région ou dans les pays du Golfe.

Gilbert Diendéré (Ex-Chef d’Etat-major particulier de Blaise Compaoré)

C’était le numéro deux du régime Compaoré. À la fois patron du Régiment de la sécurité présidentielle (RSP) et chef d’état-major particulier de l’ancien président, Gilbert Diendéré est l’homme de confiance de Blaise Compaoré depuis plus de trente ans. Contrairement à son “boss”, il est resté à Ouagadougou après le 31 octobre. À part quelques rares apparitions dans des cérémonies officielles, il s’efforce de rester discret, alimentant les spéculations sur son rôle exact dans les coulisses de la transition. Démis de ses fonctions à la présidence, il résiderait désormais dans une villa du conseil de l’Entente, une zone sécurisée dans le centre de la capitale.

Mustapha Limam Chafi  (Ex-conseiller spécial de Blaise Compaoré)

Le Mauritanien Mustapha Limam Chafi était depuis vingt ans le conseiller spécial de Blaise Compaoré sur les questions de politique extérieure. Il n’a pas été personnellement inquiété par les manifestants mais a tout de même quitté Ouagadougou, le 1er novembre, à bord d’un jet affrété par les autorités ivoiriennes à destination d’Abidjan. Intimement lié à l’ancien président, il lui a rendu visite au Maroc et continue, selon un ancien ministre, “à évoluer dans son sillage”. Dans un entretien accordé début novembre à Jeune Afrique, Mustapha Limam Chafi, qui a ses entrées dans de nombreuses capitales de la sous-région, affirmait pouvoir rentrer “quand il veut” à Ouagadougou.

Sanné Mahamed Topan (Ex-directeur de cabinet de Blaise Compaoré)

Sanné Mohamed Topan, ex-directeur de cabinet de Blaise Compaoré, était un des plus proches collaborateurs de l’ancien président. Ne voyant pas pourquoi il devrait quitter le pays, cet homme calme et posé est resté à Ouagadougou après le 31 octobre. Se tenant soigneusement en retrait de l’agitation politique actuelle, il profite de son temps libre pour faire le point et s’adonner à la lecture. Il vit dans son domicile ouagalais, qui n’a pas été pillé par les manifestants

 

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