Haïti : au moins 30 morts dans une bousculade à la Citadelle Laferrière
La plus grande forteresse de l'hémisphère nord devient le théâtre d'un drame: au moins 30 morts étouffés ou piétinés lors des festivités pascales, un bilan qui pourrait grimper à 70.

La majestueuse forteresse s’est transformée en huis clos mortel. Ce samedi 11 avril 2026, au moins trente personnes ont péri étouffées ou piétinées dans l’enceinte de la Citadelle Laferrière, monument emblématique juché dans le nord d’Haïti. Le directeur départemental de la Protection civile, Jean Henry Petit, a confirmé ce bilan dramatique en fin de journée, tout en prévenant de son caractère provisoire.
Un bilan qui pourrait encore grimper
Le nombre important de personnes encore portées disparues fait redouter le pire. Des témoins sur place, observant le ballet macabre vers les morgues, évoquent un bilan officieux qui pourrait atteindre les 70 victimes. Des dizaines de blessés, dont certains dans un état critique, ont dû être extraits de la forteresse en urgence.
Les autopsies ont débuté le dimanche 12 avril. La Police nationale haïtienne a ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes du drame et établir les éventuelles responsabilités.
Des festivités pascales qui ont viré au cauchemar
La catastrophe s’est produite lors des festivités traditionnelles organisées sur le site historique du Bonnet-à-l’Évêque, près de Cap-Haïtien. Une affluence exceptionnelle avait attiré des milliers de visiteurs sur le site classé à l’UNESCO pour les célébrations de Pâques.
Mais l’organisation n’a pas tenu la charge de la foule. Les défaillances logistiques sont déjà pointées du doigt par les secours et les observateurs présents: accès mal gérés, absence de barrières de sécurité, aucun plan d’évacuation visible. Dans un site aussi escarpé que la Citadelle, construite au sommet d’une montagne à plus de 900 mètres d’altitude, la moindre panique peut avoir des conséquences dévastatrices.
Une nation sous le choc
Cette tragédie frappe un pays qui connaît déjà une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent. Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021, Haïti est en proie aux gangs armés qui contrôlent une grande partie de la capitale Port-au-Prince. La population subit quotidiennement des violences extrêmes, des kidnappings et des pénuries de tout genre.
La nouvelle de cette bousculade a plongé la nation dans le choc et le deuil collectif. Sur les réseaux sociaux, les Haïtiens de la diaspora comme ceux restés au pays partagent leur désespoir et appellent à ce que lumière soit faite sur cette affaire.
Un monument historique devenu tombeau
La Citadelle Laferrière est le symbole de la fierté nationale haïtienne. Construite entre 1805 et 1820 par Henri Christophe, roi d’Haïti, elle est considérée comme la plus grande forteresse de l’hémisphère nord après celles de Cuba. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982, elle attire chaque année des milliers de touristes et de pèlerins venus célébrer l’indépendance haïtienne.
Aujourd’hui, ce lieu de mémoire porte la marque d’une nouvelle tragédie. Alors que les familles cherchent toujours leurs proches disparus, une question revient avec insistance: comment un tel drame a-t-il pu se produire sur un site aussi fréquenté?



