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Afrique du Sud : 3 ressortissants du Lesotho inculpés après une fusillade qui a fait 13 morts

L’attaque du 9 juin au camp informel de Jumpers a fait 13 morts et 14 blessés, sur fond de tensions liées à l’exploitation minière illégale.

Trois ressortissants du Lesotho ont été inculpés en Afrique du Sud après une fusillade de masse qui a bouleversé une communauté située à l’est de Johannesburg. Les suspects ont comparu jeudi devant le tribunal de première instance de Johannesburg pour meurtre et tentative de meurtre.

Ils sont soupçonnés d’avoir participé à l’attaque menée le 9 juin au camp informel de Jumpers, dans le secteur de Cleveland. Le bilan est lourd : 13 personnes tuées et 14 autres blessées, selon les autorités.

Une attaque menée en pleine nuit

D’après les éléments communiqués par la police, une dizaine d’assaillants auraient été déposés près des deux entrées du camp tard dans la nuit. Ils auraient ensuite ouvert le feu en progressant dans le quartier, avant de quitter les lieux à bord d’un véhicule.

Les arrestations ont eu lieu le 23 juin dans le secteur informel de Kwa Mai Mai. Les enquêteurs disent avoir été aidés par des survivants, qui auraient permis d’identifier certains suspects. L’un des hommes arrêtés aurait aussi été trouvé en possession de plus de 100 munitions de 9 mm.

L’affaire reste ouverte, car la police recherche encore d’autres personnes qui pourraient être impliquées dans l’attaque.

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La piste des mines illégales

Le mobile évoqué par les autorités renvoie aux rivalités autour de l’exploitation minière illégale. Dans plusieurs zones abandonnées autour de Johannesburg, des groupes de mineurs clandestins, souvent appelés zama zamas, se disputent l’accès à d’anciens puits et à des sites désaffectés.

Ces réseaux sont régulièrement associés à la criminalité organisée, aux extorsions et aux violences armées. Dans le cas de Jumpers, les enquêteurs examinent la possibilité d’un conflit de territoire entre groupes rivaux.

Le drame relance aussi le débat sur la sécurité dans les quartiers informels. Les habitants de ces zones vivent souvent loin des services publics, avec une présence policière jugée insuffisante face à des groupes lourdement armés.

Les trois suspects restent en détention

Le dossier a été renvoyé au 2 juillet, notamment pour permettre la vérification des adresses des accusés et l’organisation d’une éventuelle audience de mise en liberté sous caution. En attendant, les trois hommes restent en détention.

Pour les familles des victimes, l’inculpation des premiers suspects ne ferme pas la plaie. Elle marque seulement le début d’un processus judiciaire qui devra établir les responsabilités, identifier tous les assaillants et expliquer pourquoi une communauté entière a été prise pour cible.

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