
Deux accidents de pirogue survenus en une semaine ont endeuillé Grand-Lahou, dans le sud de la Côte d’Ivoire. Un pêcheur de crabes est mort dans la lagune Tadjo. Dans un second chavirement, une mère de famille a disparu sous les yeux de son mari et de leurs trois enfants.
Les deux drames ont eu lieu les 20 et 27 juillet 2026. Ils surviennent moins d’un mois après le naufrage meurtrier de Liboli, qui avait fait dix morts au début de juillet dans la même zone.
Un pêcheur retrouvé mort après trois jours
Le premier accident s’est produit le 20 juillet dans la lagune Tadjo, près de Liboli. La victime était un pêcheur de crabes qui se déplaçait seul à bord d’une pirogue artisanale propulsée à la pagaie.
Son embarcation a chaviré dans des circonstances qui n’ont pas encore été précisées publiquement. Des recherches ont été lancées après sa disparition. Son corps a finalement été retrouvé le 23 juillet, soit trois jours après le naufrage.
Kouadio Damien, président des jeunes du campement Yaokro sur l’île Avikam, a confirmé la découverte du corps à l’Agence ivoirienne de presse. L’identité complète de la victime n’a pas été communiquée dans les premiers comptes rendus.
Ce décès a renforcé l’inquiétude des communautés qui utilisent quotidiennement les lagunes pour la pêche, les déplacements vers les champs et les liaisons entre les villages.
Une famille surprise par l’eau dans la pirogue
Le second chavirement s’est produit le 27 juillet dans la lagune Tagba, au large du village de Lêgrêkon. Ce village se trouve entre Lahou-Kpanda et Groguida, dans le département de Grand-Lahou.
La pirogue transportait un couple et leurs trois enfants. La famille revenait des champs situés sur l’île Avikam lorsqu’une quantité d’eau a commencé à pénétrer dans l’embarcation. La pirogue s’est ensuite enfoncée progressivement.
Le père a raconté aux secouristes qu’il tenait encore la main de son épouse lorsque celle-ci a été emportée par les eaux. Il n’a pas réussi à la retenir. Au mardi 28 juillet, la mère restait introuvable malgré les opérations engagées dans la lagune.
Les trois enfants, âgés de 16 mois, quatre ans et huit ans, ont été sauvés. Leur père a également été repêché. Les recherches se poursuivent pour retrouver la femme disparue.
Des habitants se précipitent au secours des enfants
Le sauvetage a été rendu possible par des riverains présents au bord de la lagune. Après avoir aperçu la pirogue en difficulté, ils ont immédiatement pris une embarcation à moteur pour rejoindre la famille.
Leur intervention rapide a permis de sortir les enfants de l’eau ainsi que leur père. Les premiers témoignages ne précisent pas si les occupants portaient des équipements de sécurité au moment de l’accident.
Les habitants de Grand-Lahou dépendent fortement des voies d’eau intérieures. Dans plusieurs localités, la pirogue reste le moyen le plus direct pour accéder aux îles, aux plantations et aux zones de pêche. Cette réalité rend les accidents lagunaires particulièrement sensibles.
Une série noire depuis le début du mois
Les deux nouveaux chavirements interviennent après le drame de Liboli, survenu dans la nuit du 30 juin au 1er juillet. Une embarcation artisanale avait alors coulé avec plusieurs passagers. Dix personnes avaient perdu la vie, selon le bilan repris par les autorités locales.
Les victimes ont été inhumées le 25 juillet à Liboli. Deux jours plus tard, la famille de Lêgrêkon a connu à son tour un naufrage dans la lagune Tagba.
Cette succession d’accidents a relancé les appels à renforcer la sécurité sur les plans d’eau intérieurs. Une réunion de crise avait déjà été organisée le 9 juillet par la Direction générale des affaires maritimes après le drame de Liboli.
Les responsables maritimes avaient indiqué que 38 accidents de navigation avaient été recensés en cinq ans sur les voies d’eau intérieures ivoiriennes. Ces accidents auraient causé 59 décès pendant cette période.
Des mesures annoncées pour encadrer la navigation
Après le naufrage de Liboli, la Direction générale des affaires maritimes avait proposé plusieurs mesures. Elles comprennent la définition d’horaires de navigation, le renforcement des contrôles et la révision des procédures liées aux titres de circulation.
Les autorités souhaitent aussi mieux encadrer l’immatriculation des embarcations utilisées sur les lagunes, les fleuves et les lacs. L’objectif annoncé est de vérifier leur état et de réduire les déplacements dans les conditions les plus risquées.
Les accidents des 20 et 27 juillet montrent cependant que le danger reste présent. Les deux pirogues étaient des embarcations traditionnelles à pagaie. Elles étaient utilisées pour des activités ordinaires, la pêche dans le premier cas et le retour des champs dans le second.
À Grand-Lahou, les recherches continuent désormais dans la lagune Tagba. Pour la famille secourue, l’attente reste douloureuse. Le père et les trois enfants ont survécu, mais ils espèrent encore retrouver la mère emportée par les eaux.



