RDC : 65 organisations demandent à Tshisekedi d’abandonner le référendum
Les signataires demandent au président de ne pas promulguer la loi référendaire et de privilégier un dialogue national inclusif.

En République démocratique du Congo, la contestation autour de la loi référendaire prend une nouvelle dimension. Soixante-cinq organisations de la société civile ont demandé au président Félix Tshisekedi de ne pas promulguer le texte adopté par le Parlement et de renoncer à tout projet de référendum dans le contexte actuel.
Leur mémorandum, présenté lundi 10 août 2026 à Kinshasa, intervient alors que la loi a déjà reçu le feu vert de la Cour constitutionnelle. Les signataires estiment toutefois que les priorités du pays sont ailleurs, en particulier dans l’Est, où l’insécurité continue de provoquer des déplacements de populations et une grave crise humanitaire.
Soixante-cinq organisations interpellent Félix Tshisekedi
Le document a été porté par des mouvements et plateformes comme la Dynamique « Non au changement de la Constitution », Civil Bridge, Génération Z RDC, la LUCHA-RDC et Filimbi. Selon Radio Okapi et 7sur7, ces organisations demandent au chef de l’État de surseoir à la promulgation de la loi référendaire.
Elles souhaitent aussi l’ouverture d’un dialogue national inclusif. Pour les signataires, une consultation populaire ne devrait pas être engagée alors que le pays fait face à la guerre dans l’Est, à une crise socioéconomique persistante et à des besoins humanitaires considérables.
Cette mobilisation prolonge le bras de fer déjà engagé autour du référendum en RDC. En juin, plusieurs acteurs politiques et citoyens avaient exprimé leur crainte de voir ce mécanisme utilisé pour toucher aux règles du pouvoir.
La loi a déjà franchi l’étape de la Cour constitutionnelle
La loi référendaire a été adoptée par le Parlement avant d’être examinée par la Cour constitutionnelle. Le 28 juillet, les juges l’ont déclarée conforme à la Constitution, tout en formulant des réserves d’interprétation sur certaines dispositions considérées comme fondamentales.
Le texte doit maintenant être promulgué par le président de la République pour entrer en vigueur. C’est précisément cette étape que les organisations de la société civile veulent suspendre.
Du côté du pouvoir, l’Union pour la démocratie et le progrès social affirme que cette loi vient combler un vide juridique. Ses défenseurs rappellent qu’un référendum est prévu par les institutions congolaises et qu’il doit disposer d’un cadre légal clair.
La question du troisième mandat reste au cœur des inquiétudes
Félix Tshisekedi effectue son deuxième mandat, qui doit s’achever en 2028. La Constitution congolaise protège le nombre et la durée des mandats présidentiels contre toute modification. Malgré cette garantie, les opposants au projet redoutent qu’un futur référendum ouvre une nouvelle bataille autour des règles électorales.
Le débat est devenu plus sensible depuis que Félix Tshisekedi a laissé ouverte la question d’un troisième mandat. Ses partisans soutiennent qu’aucune initiative visant à prolonger son pouvoir n’a été officiellement engagée. Ses adversaires, eux, réclament des assurances avant même la promulgation de la loi.
La mobilisation actuelle ne vise donc pas seulement le contenu technique du texte. Elle traduit aussi une crise de confiance entre une partie de la société civile et les institutions sur la finalité politique d’un éventuel référendum.
Un appel à privilégier le dialogue et la sécurité
Les 65 organisations demandent au président de consacrer les efforts de l’État à la sécurité, au retour des déplacés et à l’amélioration des conditions de vie. Elles présentent le dialogue national comme une étape nécessaire avant toute consultation populaire sur des questions institutionnelles majeures.
La décision revient désormais à Félix Tshisekedi. Une promulgation ferait entrer la loi en vigueur, tandis qu’un report pourrait apaiser provisoirement la contestation. Dans les deux cas, le débat sur le référendum et l’avenir politique de la RDC restera l’un des sujets les plus surveillés à l’approche de 2028.



