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Centrafrique : le parti de François Bozizé veut reconquérir le pouvoir

Après treize années difficiles et deux cycles électoraux manqués, le Kwa Na Kwa prépare sa relance nationale.

Après plus d’une décennie de retrait, de divisions internes et de départs de cadres, le Kwa Na Kwa tente de retrouver une place centrale dans la vie politique de la République centrafricaine. Le parti fondé par l’ancien président François Bozizé affirme désormais vouloir reconstruire ses structures et préparer la reconquête du pouvoir.

Cette relance intervient dans un contexte délicat. La formation n’a participé ni aux élections générales de 2020 ni à celles de 2025. Elle doit donc remobiliser ses militants tout en composant avec l’exil de son fondateur et les procédures judiciaires qui le visent.

Treize années difficiles pour le Kwa Na Kwa

Le Kwa Na Kwa, généralement désigné par son sigle KNK, a été créé autour de François Bozizé, qui a dirigé le pays entre 2003 et 2013. La chute de son régime a ouvert une longue période d’incertitude pour le parti. Plusieurs responsables ont quitté ses rangs, ses activités se sont réduites et des tensions internes ont fragilisé son organisation.

Depuis octobre 2025, ses dirigeants disent avoir engagé un processus de relance. L’objectif est de rétablir une présence politique sur l’ensemble du territoire et de remettre en activité les structures locales. Le KNK veut aussi tourner la page de ses querelles internes afin de présenter un front plus uni.

Un objectif assumé : revenir au pouvoir

Le président par intérim du parti, Élie Ouéfio, ne cache pas l’ambition de la formation. Pour lui, un parti politique doit chercher à gouverner et à participer au développement du pays. Le KNK compte donc se reconstruire avec l’idée de redevenir une force capable de peser dans les prochains rendez-vous électoraux.

Ce discours marque un changement de ton après plusieurs années de faible activité. Les responsables du parti mettent désormais l’accent sur l’unité, le dialogue et la mobilisation des militants. Ils veulent faire du retour du KNK une opération nationale, et pas seulement une réorganisation menée depuis Bangui.

Des structures locales à remettre sur pied

La tâche s’annonce toutefois difficile. Après deux cycles électoraux sans participation, le parti doit retrouver des relais dans les préfectures, convaincre d’anciens militants de revenir et attirer une nouvelle génération. Il lui faut également montrer qu’il peut fonctionner sans dépendre entièrement de la présence physique de son fondateur.

La République centrafricaine a connu de nombreux bouleversements depuis 2013. Le pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra s’est consolidé, tandis que l’opposition dénonce régulièrement un espace politique de plus en plus fermé. En mars, AfrikMag revenait sur l’investiture de Touadéra pour un troisième mandat et sur les critiques de ses adversaires.

L’ombre de François Bozizé reste présente

Même en exil en Guinée-Bissau, François Bozizé continue d’incarner le KNK aux yeux d’une partie de l’opinion. Cette association donne au parti une forte identité, mais elle constitue aussi un défi. L’ancien chef de l’État est jugé par contumace devant la Cour pénale spéciale dans une affaire portant sur des crimes présumés commis entre 2009 et 2013.

Les accusations sont contestées par sa défense. En juin, AfrikMag expliquait les enjeux de ce procès ouvert à Bangui. Le KNK doit aujourd’hui relancer son activité politique sans laisser cette procédure judiciaire occuper tout l’espace autour de son projet.

Un retour qui devra convaincre

La volonté de revenir sur la scène politique est claire, mais elle ne garantit pas un retour rapide dans les urnes. Le parti devra prouver qu’il dispose encore d’une base réelle, d’un programme adapté aux attentes actuelles et d’une direction capable de rassembler au-delà des fidèles de François Bozizé.

Pour l’instant, la nouvelle équipe privilégie la reconstruction et le dialogue. Le succès de cette stratégie dépendra de sa capacité à réinstaller durablement le KNK dans le débat public centrafricain, après treize années marquées par l’exil, les divisions et l’absence électorale.

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