
Le président nigérian Bola Tinubu a ordonné une opération de sauvetage immédiate après l’enlèvement massif de villageois dans l’État du Niger, au centre-nord du pays. Des femmes, des enfants et des personnes âgées figurent parmi les disparus.
L’attaque a visé plusieurs communautés rurales de la zone de Borgu le vendredi 21 août. Le nombre exact d’otages reste incertain, mais les témoignages recueillis sur place décrivent l’un des enlèvements les plus importants enregistrés récemment au Nigeria.
Tinubu exige une opération de sauvetage immédiate
Bola Tinubu a demandé à l’armée et aux autres agences de sécurité de retrouver les personnes enlevées. Les responsables des forces de sécurité doivent lui transmettre régulièrement l’évolution des recherches et établir un bilan précis des disparus.
Dans un communiqué, le chef de l’État a condamné une attaque qu’il qualifie de lâche. Il a promis que les auteurs seraient poursuivis et a affirmé que la terreur ne ferait pas reculer le pays.
Les autorités de l’État du Niger restent prudentes sur le nombre de victimes. Des habitants évoquent environ 600 personnes emmenées par les assaillants, un chiffre qui n’a pas encore été confirmé de manière indépendante. D’autres estimations font état de plusieurs dizaines d’otages.
Au moins 30 morts et des villages vidés
Un responsable local a indiqué qu’au moins 30 personnes avaient été tuées pendant l’attaque. Les victimes auraient été enterrées dimanche. Les communautés de Dakera, Gidan-Zana et Sabon Gida comptent parmi les zones touchées.
La peur a aussi provoqué un déplacement massif de population. Selon le chef traditionnel de Dakera, au moins 2 000 habitants ont fui vers le Bénin voisin pour échapper aux groupes armés qui circulent dans cette région frontalière.
L’identité des assaillants n’a pas été officiellement établie. La zone est utilisée par plusieurs groupes criminels et mouvements armés capables de traverser les frontières et de se cacher dans des secteurs boisés difficiles d’accès.
Les enlèvements de masse restent une menace au Nigeria
Les kidnappings contre rançon sont devenus fréquents dans le nord-ouest et le centre-nord du Nigeria. Des bandes lourdement armées attaquent des villages, des écoles et des routes avant de retenir leurs victimes pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.
En juillet, 39 élèves et six enseignants avaient été libérés après 56 jours de captivité. Ce nouvel enlèvement relance les questions sur la capacité des autorités à protéger les habitants des zones rurales.
Le Sénat nigérian a récemment ouvert la voie à la création de polices d’État, une réforme présentée comme une réponse à l’insécurité. Les autorités locales réclament depuis longtemps des forces mieux adaptées aux réalités de chaque région.
Une opération complexe dans une zone frontalière
Le sauvetage s’annonce difficile. Les assaillants connaissent les pistes isolées, les forêts et les passages vers les pays voisins. Ils pourraient aussi disperser les otages pour ralentir l’avancée des forces de sécurité.
Les autorités tentent désormais de vérifier le nombre exact de personnes manquantes. Elles doivent également identifier les auteurs de l’attaque et éviter que la recherche des otages ne mette davantage de civils en danger.
L’ordre donné par Tinubu place les forces de sécurité sous forte pression. Pour les familles, la priorité reste le retour des captifs. Pour le gouvernement, cette affaire devient un nouveau test de sa réponse aux enlèvements de masse et à l’expansion des groupes armés dans le nord du pays.



