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Zambie : l’ONU s’inquiète des arrestations dans l’opposition

Onze responsables de l’opposition ont été arrêtés après un raid mené le soir de l’élection. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme réclame le respect de leurs garanties judiciaires.

La réélection d’Hakainde Hichilema n’a pas refermé la séquence électorale en Zambie. Quelques jours après l’annonce des résultats, les arrestations de plusieurs responsables de l’opposition ont provoqué une réaction du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Volker Türk demande aux autorités zambiennes de respecter les garanties judiciaires des personnes détenues.

Onze responsables de l’opposition ont été arrêtés après un raid mené le soir du scrutin. Le gouvernement affirme que cette opération visait des personnes soupçonnées de menacer la sécurité de l’État. L’opposition rejette cette version et dénonce une affaire montée contre ses membres dans un climat politique déjà tendu.

Un raid mené le soir de l’élection

L’opération s’est déroulée le jeudi 13 août 2026, alors que les Zambiens votaient pour choisir leur président et leurs députés. Selon les autorités, les forces de sécurité ont investi une propriété où se trouvait Brian Mundubile, principal adversaire d’Hakainde Hichilema. Le gouvernement assure qu’un échange de tirs a eu lieu et que des armes de qualité militaire ont été découvertes sur place.

Onze responsables de l’opposition ont ensuite été interpellés. Les autorités les soupçonnent d’avoir participé à un projet susceptible de porter atteinte à la sécurité nationale. Aucun détail complet n’a toutefois été rendu public sur les charges qui pourraient être retenues contre eux.

Brian Mundubile conteste ces accusations. Il affirme que les personnes présentes n’étaient pas armées et qu’elles ont essuyé des tirs pendant l’intervention. Le dirigeant de l’opposition dit se trouver dans un lieu sûr pour des raisons de sécurité, sans préciser où il séjourne.

L’ONU réclame le respect des droits des détenus

Volker Türk s’est dit profondément préoccupé par les arrestations et la détention d’opposants après le scrutin. Il a demandé aux autorités de mettre fin aux arrestations arbitraires et de respecter pleinement les droits de toutes les personnes détenues.

Le responsable onusien rappelle que chaque détenu doit connaître les raisons de son arrestation et être informé rapidement des accusations portées contre lui. Il réclame aussi un accès à un avocat, la possibilité de communiquer avec la famille et une présentation rapide devant un juge.

Cette intervention intervient alors que les familles de certains détenus disent manquer d’informations. Le gouvernement n’a pas précisé publiquement le lieu de détention de tous les responsables arrêtés ni le calendrier des procédures judiciaires annoncées.

Brian Mundubile conteste les résultats

Hakainde Hichilema a été déclaré vainqueur de l’élection avec environ 60 % des suffrages. Il obtient ainsi un second mandat de cinq ans. Brian Mundubile, crédité d’environ 38 % des voix, refuse de reconnaître le résultat officiel.

Le candidat de l’opposition affirme que des irrégularités ont affecté le scrutin et prévoit de contester les résultats devant la justice. Il évoque notamment des écarts entre les chiffres affichés dans certains bureaux de vote et ceux annoncés au niveau national. Ces affirmations n’ont pas été accompagnées de preuves publiques permettant de les confirmer.

Avant le vote, la campagne avait déjà été marquée par des tensions autour de l’impartialité des institutions et de l’espace accordé à l’opposition. AfrikMag avait présenté les principaux enjeux de cette élection en Zambie, dominée par la vie chère, l’emploi et les coupures d’électricité.

Hakainde Hichilema face à un test politique

Le président réélu se retrouve désormais face à un double défi. Son gouvernement veut poursuivre ses réformes économiques, mais il doit aussi répondre aux inquiétudes sur le traitement réservé à ses adversaires. La transparence des procédures engagées contre les onze responsables arrêtés pèsera sur la crédibilité des explications officielles.

Hakainde Hichilema avait lui-même connu l’arrestation et la détention lorsqu’il était dans l’opposition. Cette partie de son parcours avait contribué à son image de défenseur du changement démocratique lors de son accession au pouvoir en 2021. Les événements actuels placent donc son administration sous une surveillance accrue.

Les autorités zambiennes affirment que les enquêtes concernent la sécurité nationale et non l’appartenance politique des suspects. Pour convaincre, elles devront présenter des faits précis, permettre aux détenus de consulter leurs avocats et garantir une procédure publique conforme au droit.

Une période postélectorale sous tension

La Zambie a longtemps été considérée comme l’un des pays d’Afrique australe capables d’organiser des alternances pacifiques. La contestation des résultats et les arrestations survenues après le vote mettent cette réputation à l’épreuve.

La suite dépendra des décisions des tribunaux, de la manière dont les autorités traiteront les détenus et de la réponse apportée au recours annoncé par l’opposition. Dans l’immédiat, l’appel de l’ONU ajoute une pression internationale sur Lusaka pour que l’enquête se déroule dans le respect des libertés fondamentales.

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