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Zimbabwe : la belle-fille du président accusée de trafic de drogue et de blanchiment d’argent

Zimbabwe : la belle-fille du président accusée de trafic de drogue et de blanchiment d'argent

Kelsea Tafirenyika, la belle-fille du président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, fait face à de lourdes accusations criminelles.

Arrestation, saisie de substances illicites et soupçons de blanchiment d’argent : retour sur une affaire qui fait grand bruit.

C’est une intervention des enquêteurs de la brigade des stupéfiants (CID Drugs and Narcotics Unit) qui a mis le feu aux poudres. Lors d’un raid mené au domicile de la jeune femme de 22 ans, situé dans le quartier huppé de Greystone Park à Harare, les forces de l’ordre ont découvert un véritable arsenal de produits contrôlés et illicites.

Selon les éléments présentés par le ministère public, la fouille a permis d’intercepter :

  • Plus de 200 ampoules de péthidine et de morphine cachées dans sa chambre à coucher.
  • Cinq rouleaux de cannabis dissimulés dans son véhicule de luxe, une Lamborghini.
  • Des médicaments non enregistrés dont la possession et la revente sont strictement encadrées par la loi.

Outre la possession et la tentative de distribution de stupéfiants et de produits pharmaceutiques, l’affaire a rapidement pris une tournure financière majeure. Kelsea Tafirenyika est également poursuivie pour usage de faux et blanchiment d’argent portant sur un montant colossal estimé à 9,36 millions de dollars US.

Les enquêteurs s’interrogent sur l’origine d’un patrimoine immobilier et financier évalué à plusieurs millions de dollars attribué à la jeune femme.

Face aux juges du tribunal de première instance de Harare, la mise en cause rejette fermement l’ensemble des accusations. Concernant les fonds et biens immobiliers suspectés de découler d’activités criminelles, la défense soutient qu’il s’agit simplement de « cadeaux légitimes offerts par son époux ».

Kelsea Tafirenyika et ses avocats accusent par ailleurs la police de politiser le dossier et de mener une campagne de dénigrement visant à « scandaliser et salir la Première Famille du Zimbabwe ».

Malgré l’opposition fermement exprimée par le parquet — qui mettait en avant des risques de fuite et la poursuite des investigations pour identifier d’éventuels fournisseurs —, le tribunal a accordé à Kelsea Tafirenyika une libération sous caution fixée à 1 000 dollars US.

Elle reste toutefois soumise à des conditions strictes : pointage régulier au poste de police, interdiction de contacter les témoins et obligation de se tenir à la disposition de la justice pendant toute la durée de l’instruction.

Le dénouement des audiences à venir déterminera si ces accusations tiendront face à la stratégie de défense agressive adoptée par la belle-fille présidentielle.

Felicia Essan

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