
Une carte cadeau de 150 euros lui a permis de repartir avec plus de 25 000 euros de marchandises. À Honfleur, dans le Calvados, un homme a profité d’un dysfonctionnement informatique pour multiplier les achats dans un hypermarché E.Leclerc. Le tribunal correctionnel de Lisieux l’a condamné, mardi 1er septembre 2026, à six mois de prison avec sursis et au remboursement du magasin.
Le montant des produits obtenus atteint 25 472 euros. Vêtements, nourriture, appareils pour la maison ou équipements de loisirs : la carte a servi bien au-delà de sa valeur initiale. Elle a été utilisée 82 fois, avec jusqu’à 14 passages en caisse au cours d’une seule journée.
Une carte cadeau qui continuait à fonctionner
L’homme avait appris l’existence de l’anomalie par son beau-père. La carte permettait de régler des achats alors que son solde aurait dû être épuisé. Il a ensuite multiplié les dépenses dans le magasin, pour lui-même et pour plusieurs de ses proches, notamment sa compagne et sa belle-sœur.
Les achats ne se limitaient pas aux courses alimentaires. Parmi les produits évoqués figurent des casques audio, du matériel de jeu vidéo, des mangas et des aspirateurs. Une partie des marchandises a été offerte, tandis que certains objets ont été revendus.
À l’audience, le prévenu a reconnu avoir fait de nombreux cadeaux et cédé quelques articles. Sa compagne a également expliqué que la famille avait remarqué l’absence de débit et était retournée plusieurs fois dans l’hypermarché, notamment pour constituer des réserves de nourriture.
Jusqu’à 14 passages en caisse dans la journée
La répétition des achats a occupé une place importante dans les débats. Avec 82 utilisations recensées, dont 14 le même jour, le dossier allait bien au-delà d’un paiement isolé accepté par erreur. La présidente du tribunal a insisté sur cette fréquence face aux explications du prévenu.
Le dysfonctionnement a finalement été repéré par le service comptabilité du magasin. Les vérifications ont révélé que les opérations effectuées avec les cartes ne donnaient pas lieu aux paiements attendus. L’enseigne a déposé plainte en mars 2025.
Les images de vidéosurveillance ont également aidé à identifier les personnes concernées. La compagne et la belle-sœur du prévenu ont été repérées aux caisses, puis un véhicule appartenant à l’homme a été identifié sur le parking. Des marchandises ont ensuite été retrouvées au domicile de la famille lors d’une perquisition.
La défense contestait l’escroquerie
Au tribunal, la défense a souligné que le prévenu n’avait pas créé le bug informatique. Elle a contesté la qualification d’escroquerie, en faisant valoir qu’il avait profité d’une situation déjà existante. Elle demandait sa relaxe.
L’homme a exprimé des regrets et indiqué vouloir trouver un arrangement avec le magasin. Il a expliqué ne pas avoir mesuré l’ampleur que prendraient les achats. Ces arguments n’ont pas convaincu les juges, qui ont retenu l’escroquerie et prononcé une peine de prison avec sursis.
Plus de 25 000 euros à rembourser
Le prévenu devra rembourser les 25 472 euros de marchandises à l’hypermarché. À cette somme s’ajoutent 500 euros de dommages et intérêts ainsi que 1 000 euros de frais d’avocat. La sanction comporte donc un volet financier qui dépasse le seul montant des achats.
Le sursis ne signifie pas que la peine est effacée : la condamnation est prononcée, sans emprisonnement immédiat au titre de cette peine. Et les sommes mises à sa charge restent dues. La carte de 150 euros qui semblait permettre de faire des achats sans limite se termine ainsi par une lourde facture judiciaire.



