
Martin Fayulu réclame des explications à Félix Tshisekedi. Le président de l’ECiDé interroge le chef de l’État congolais sur un éventuel accord avec Paul Kagame, auquel Joseph Kabila aurait été associé. Cette accusation politique accompagne une critique plus large : l’opposant conteste la manière dont Kinshasa articule les négociations de Doha avec le dialogue national annoncé en RDC.
« Félix Tshisekedi doit dire au peuple congolais quel deal a-t-il conclu avec Paul Kagame, via Joseph Kabila, sur l’avenir de notre pays », demande-t-il dans des propos rendus publics le 8 septembre. Cette interpellation exprime les soupçons de Fayulu. Elle ne constitue pas, à elle seule, une preuve de l’existence de l’accord qu’il évoque.
Doha et Kinshasa, deux cadres qu’il juge contradictoires
Le leader de la coalition Lamuka a développé sa position lors d’une intervention radiophonique lundi 7 septembre. Il s’interroge sur le choix du pouvoir de discuter avec l’AFC/M23 à Doha tout en soumettant sa participation au dialogue national à Kinshasa à un désarmement préalable.
« Pourquoi négocier avec l’AFC/M23 à Doha, mais refuser de parler avec eux à Kinshasa ? », demande l’ancien candidat à la présidentielle. Pour lui, la recherche d’une issue politique à la crise doit permettre de confronter les positions des acteurs impliqués, dans un cadre national.
Félix Tshisekedi avait annoncé le 27 août l’organisation d’un dialogue national, précédé de consultations dans les provinces. Il avait également précisé que les groupes armés ne pourraient pas y participer tant qu’ils n’auraient pas déposé les armes. C’est cette condition que Fayulu met en regard des pourparlers menés au Qatar.
Un dialogue inclusif, sans partage du pouvoir
L’opposant réclame un « véritable dialogue national inclusif et souverain ». Il estime que des consultations provinciales ne peuvent pas remplacer cette rencontre et demande que leurs conclusions ne soient pas modifiées avant leur examen au niveau national.
Son argumentaire ne se limite pas au choix des participants. Il défend une réorganisation des Forces armées de la RDC, le rétablissement de l’autorité de l’État dans les territoires occupés et le retour de l’administration civile. Il rejette en revanche un partage du pouvoir comme solution à la crise politique.
Les discussions de Doha visent une issue négociée au conflit entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Fayulu estime qu’elles doivent s’accompagner d’une réponse politique nationale plus large. Sa demande d’explications sur un supposé accord entre dirigeants s’inscrit dans ce désaccord, sans en établir les contours ni la réalité.



