
C’est une plongée terrifiante au cœur de l’horreur absolue qui secoue le Cameroun. Ce qui se présentait comme un lieu de culte et de prière, le « Mercy of God Ministry » situé au quartier Ngousso (Montée Mosquée) à Yaoundé, s’est révélé être une véritable secte aux méthodes machiavéliques, dirigée d’une main de fer par le prophète nigérian Samuel.
Pendant des années, des dizaines de femmes y ont été séquestrées, dépouillées de tous leurs biens, affamées et soumises à d’effroyables viols répétés par le gourou. Soumises à un lavage de cerveau à outrance et vivant sous l’emprise totale du prétendu homme de Dieu, la quasi-totalité des victimes refusait jusqu’ici de briser la loi du silence, paralysée par la peur et le traumatisme.
Grâce au courage de quelques-unes d’entre elles qui ont finalement osé témoigner, un voile d’effroi se lève sur des décennies d’abus atroces. Selon le blogger camerounais N’Zui Manto, des enfants étaient également confisqués au sein de la secte et utilisés comme de simples objets sexuels, tandis que d’autres victimes y ont prématurément trouvé la mort dans des conditions mystérieuses.
Le réseau d’influence et la puissance financière du prophète Samuel semblaient jusqu’alors le rendre intouchable. Un habitant du quartier Ngousso, conscient des décès suspects survenus dans la congrégation, avait tenté d’alerter les autorités. Mais au lieu de déclencher une enquête, ce riverain courageux s’est retrouvé arrêté par des gendarmes et jeté en cellule sur simple coup de fil du prophète nigérian, qui l’accusait de diffamation.
Les révélations ne s’arrêtent pas là : la résidence qu’habitait le gourou à Ngousso — aujourd’hui prise d’assaut et détruite par la population en colère — appartenait à l’origine à un fidèle nommé Guy. Ce dernier aurait été entièrement spolié par la secte avant de mourir rongé par la dépression .
L’enquête en cours devra faire toute la lumière sur ce réseau criminel et établir les responsabilités de tous ceux qui, de près ou de loin, ont couvert ou facilité ces exactions au détriment des vies humaines.






