
Une nouvelle province congolaise est touchée par Ebola. Les autorités du Sud-Ubangi, dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo, ont déclaré jeudi 10 septembre une épidémie après la confirmation d’un cas de virus Bundibugyo. Cette annonce étend à sept le nombre de provinces concernées par la flambée actuelle.
Le gouverneur intérimaire Jean-René Galekwa Vundawe a annoncé que des analyses de laboratoire avaient confirmé la présence du virus dans un prélèvement. Il a indiqué que les autorités poursuivraient le renforcement de la surveillance, la prise en charge des patients et les efforts pour interrompre la transmission.
Une extension loin des premiers foyers
Le Sud-Ubangi ne partage pas de frontière avec les six provinces où des cas avaient auparavant été confirmés : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo et le Bas-Uélé. Cette nouvelle détection impose donc de rechercher les contacts et les déplacements susceptibles d’éclairer la chaîne de contamination.
Un cas identifié dans une province ne permet pas, à lui seul, de déterminer où la personne a été infectée. Il ne démontre pas non plus que l’ensemble du territoire provincial connaît une transmission active. L’enquête épidémiologique doit préciser l’exposition du patient et les personnes ayant pu être en contact avec lui.
L’ancien ministre de la Santé et député Jean-Jacques Mbungani a évoqué le décès à Gwaka d’un homme de 23 ans ayant effectué un long trajet. Les étapes de ce déplacement restent à distinguer de l’identification du lieu de contamination : voyager dans une région ne prouve pas que l’infection y a été contractée.
Une épidémie déjà très meurtrière
Le point sanitaire international arrêté au 7 septembre faisait état de 6 757 cas confirmés en RDC, dont 3 267 décès. Ce bilan, antérieur à l’annonce du Sud-Ubangi, couvrait alors 61 zones de santé dans six provinces. Il ne doit pas être présenté comme le total actualisé au 11 septembre.
La maladie liée au virus Bundibugyo fait partie des maladies à virus Ebola. La flambée déclarée en mai s’est développée dans un contexte difficile, marqué par l’insécurité, les déplacements de population et un accès inégal aux soins. Ces obstacles compliquent la détection précoce et le suivi des contacts.
Détecter rapidement et protéger les proches
Le virus se transmet notamment par contact direct avec le sang ou d’autres liquides biologiques d’une personne infectée, ainsi qu’avec des objets contaminés. Les soins sans protection adaptée et certains rites funéraires peuvent exposer les proches et les soignants.
La période d’incubation peut aller de deux à 21 jours. Une personne infectée ne transmet pas le virus avant l’apparition des symptômes. Les premiers signes, comme la fièvre ou une grande fatigue, peuvent ressembler à ceux d’autres maladies : une confirmation en laboratoire est nécessaire.
Pour le Sud-Ubangi, la priorité annoncée reste de repérer rapidement les personnes exposées, d’organiser leur suivi et d’assurer les soins. L’extension géographique renforce le besoin de coordination sanitaire, sans justifier de désigner un groupe de voyageurs ou une nationalité comme responsable de l’épidémie.



