
Les investissements directs marocains en Afrique subsaharienne ont atteint environ 5 milliards de dirhams en 2024, soit près de 500 millions de dollars. Ce montant décrit les flux d’une année précise : il ne s’agit ni d’une nouvelle enveloppe annoncée en septembre 2026, ni d’un chiffre limité à l’Afrique de l’Ouest.
Le bilan illustre la place du continent dans la stratégie économique extérieure du Royaume. La présence des entreprises marocaines y repose notamment sur les réseaux bancaires et les télécommunications, deux secteurs qui accompagnent les échanges et l’activité des entreprises locales.
Une implantation portée par les banques et les télécoms
Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a indiqué que les banques marocaines opéraient dans 27 pays africains et que les opérateurs de télécommunications étaient présents dans une dizaine d’États. Ces implantations permettent de distinguer la présence durable des groupes du seul montant investi pendant une année.
Le nombre de pays couverts ne signifie pas que chaque marché reçoit le même volume de capitaux. Il ne permet pas non plus de déduire la rentabilité des investissements ou leur effet exact sur l’emploi. Ces questions nécessitent des données propres à chaque pays et à chaque entreprise.
Ne pas confondre bilan et projets futurs
Le gazoduc Nigeria-Maroc figure parmi les projets mis en avant dans la coopération économique du Royaume avec ses partenaires africains. Les infrastructures portuaires, dont Tanger Med, occupent également une place dans cette stratégie de connexion aux échanges internationaux.
Ces projets ne doivent cependant pas être automatiquement ajoutés aux 5 milliards de dirhams du bilan 2024. Une annonce de projet, un investissement effectivement réalisé et un stock de capitaux accumulés correspondent à des indicateurs différents.
Un chiffre à lire avec son périmètre
La distinction géographique compte aussi. L’Afrique subsaharienne comprend plusieurs régions ; elle ne se limite pas aux pays ouest-africains. Présenter tout le montant comme un investissement en Afrique de l’Ouest modifierait donc la portée du chiffre disponible.
Les données de 2024 donnent un point de repère sur les engagements marocains. Elles ne suffisent pas, à elles seules, à établir un classement mondial des investisseurs ou à annoncer un record pour 2026.
Au-delà du montant, l’enjeu est désormais de suivre les projets effectivement réalisés, leur financement et leurs retombées. C’est cette distinction entre intentions et réalisations qui permet de mesurer la profondeur des partenariats économiques sur le continent.
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