Afrique du Sud : une seconde plainte éthique vise Pemmy Majodina
La ministre de l’Eau et de l’Assainissement est critiquée pour une insulte lancée lors d’une réunion publique au Cap-Oriental.

La pression politique augmente autour de Pemmy Majodina. ActionSA a annoncé le dépôt d’une plainte auprès du comité d’éthique du Parlement sud-africain après la diffusion d’une vidéo montrant la ministre de l’Eau et de l’Assainissement répondre par une insulte vulgaire à un habitant.
Il s’agit de la deuxième démarche parlementaire annoncée contre elle dans cette affaire. L’Alliance démocratique avait déjà déposé sa propre plainte mercredi. Les deux partis demandent un examen de la conduite de la ministre au regard des règles applicables aux députés et aux membres du gouvernement.
Une altercation lors d’une réunion publique
L’incident s’est produit au cours d’une rencontre avec des habitants dans la municipalité de Kouga, au Cap-Oriental. Majodina se trouvait dans la région pour inaugurer une station de pompage des eaux usées modernisée à Loerie.
La discussion portait sur les problèmes d’eau lorsque le ton est monté. Un résident a insulté la ministre. Celle-ci a perdu son calme et lui a répondu avec une expression grossière. La séquence, enregistrée puis largement partagée, a déclenché les réactions des partis d’opposition.
Des médias décrivent l’homme pris à partie comme une personne vivant avec un handicap. La vidéo ne règle toutefois pas toutes les questions de contexte et la procédure parlementaire devra examiner les faits, les propos exacts et les responsabilités.
ActionSA et la DA saisissent le Parlement
ActionSA estime que le langage utilisé est incompatible avec le comportement attendu d’une députée et d’une ministre. Le parti considère que cette réaction porte atteinte à la dignité de la fonction publique et à l’image du Parlement.
La DA avait formulé une critique similaire dans sa première plainte. Elle souhaite que le comité d’éthique enquête et décide si une sanction doit être recommandée. Le dépôt d’une plainte ne vaut pas constat de culpabilité. Aucune conclusion du comité n’a encore été annoncée.
L’EFF condamne aussi la réaction
Les Combattants pour la liberté économique ont également dénoncé le comportement de Majodina. Le parti affirme qu’un responsable public doit garder son sang-froid même lorsqu’il est provoqué ou insulté par un citoyen.
L’affaire intervient dans un climat de forte frustration autour de la qualité des services publics, notamment l’eau et l’assainissement. Elle rappelle aussi un récent incident impliquant le maire de Johannesburg, Dada Morero, après une altercation verbale avec un habitant.
La suite dépend désormais du Parlement. Le comité devra décider si les plaintes sont recevables, recueillir les versions concernées et déterminer si le code d’éthique a été enfreint. En attendant, la polémique reste politique et la ministre n’a pas été reconnue coupable d’une faute parlementaire.
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