
À Philadelphie, même les supporters les plus bruyants savent parfois rester prudents. Venus célébrer le Brésil pendant le Mondial 2026, plusieurs fans de la Seleção ont gravi les célèbres marches du musée d’art de la ville pour poser devant la statue de Rocky. Mais cette fois, personne n’a osé lui enfiler un maillot auriverde.
La raison est simple: autour de cette statue devenue un symbole de courage et de résistance, une superstition a pris de l’ampleur. Des supporters de passage ont déjà pris l’habitude de l’habiller aux couleurs de leur équipe. Sauf que, derrière le geste amusant, les défaites qui ont suivi ont nourri l’idée d’une “malédiction Rocky”.
L’histoire a encore fait parler pendant cette Coupe du monde. Des fans équatoriens avaient récemment recouvert la statue avec les couleurs de leur pays. Peu après, l’Équateur s’est incliné 1-0 contre la Côte d’Ivoire. Il n’en fallait pas plus pour que les groupes de supporters brésiliens appellent à la prudence avant le rendez-vous face à Haïti.
À la place, les fans ont choisi la solution la plus sage: photos, selfies, bras levés, chants et ambiance de fête, mais pas de maillot sur Rocky. La statue est restée dans sa tenue de bronze, entourée de visiteurs et protégée comme une star locale.
Le décor colle parfaitement au moment. Le Brésil, quintuple champion du monde, avance dans le tournoi avec une pression énorme. Après un nul contre le Maroc, la Seleção doit éviter toute mauvaise surprise face à Haïti, une équipe présentée comme outsider mais portée par l’enthousiasme d’un retour historique sur la scène mondiale.
À Philadelphie, la scène a donc pris une dimension presque théâtrale. D’un côté, une équipe brésilienne attendue au tournant. De l’autre, une statue de cinéma que les fans préfèrent respecter. Et au milieu, cette idée très Coupe du monde: quand le football mélange passion, superstition et culture populaire, même Rocky devient un sujet de vestiaire.



