Côte d’Ivoire : sept morts dans un conflit intercommunautaire à Kossandji
Dix-huit personnes ont été placées sous mandat de dépôt après les affrontements survenus dans le département d’Alépé.

Sept personnes ont perdu la vie lors de violents affrontements entre plusieurs communautés à Kossandji, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire. Le drame, survenu dans cette localité du département d’Alépé, a également fait plusieurs blessés, tandis qu’une personne reste portée disparue.
La justice ivoirienne a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire. Dix-huit personnes ont été interpellées, déférées puis placées sous mandat de dépôt. Les enquêteurs doivent maintenant établir les responsabilités individuelles et préciser l’origine exacte des violences.
Sept morts et une personne portée disparue
Les affrontements ont éclaté le mardi 4 août 2026 à Kossandji, une localité rattachée à la sous-préfecture de Danguira. Selon le bilan communiqué par le parquet, sept personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées. Une personne n’avait toujours pas été retrouvée au moment de l’annonce officielle.
Les violences ont aussi provoqué d’importants dégâts matériels. Le détail des biens endommagés n’a pas été rendu public, mais les poursuites mentionnent notamment des destructions de bâtiments par incendie et des atteintes à des biens mobiliers.
Ce bilan donne la mesure d’une crise locale qui a rapidement dépassé le stade d’une simple altercation. Les autorités judiciaires cherchent désormais à reconstituer la chronologie des faits et à identifier le rôle joué par chaque personne impliquée.
Un différend foncier évoqué comme point de départ
Des témoignages relayés sur les réseaux sociaux attribuent le début de la confrontation à un différend foncier. Cette piste reste toutefois à confirmer par l’enquête. Le parquet a seulement établi que des membres de différentes communautés se sont opposés avant que la situation ne dégénère.
Les conflits liés à la terre peuvent devenir particulièrement sensibles dans les zones rurales. Ils touchent à la propriété, aux limites des parcelles, aux droits d’exploitation et parfois à des accords anciens difficiles à documenter. Lorsqu’un litige n’est pas réglé rapidement, les tensions peuvent se propager au-delà des personnes directement concernées.
La Côte d’Ivoire a déjà connu d’autres épisodes de ce type. AfrikMag avait notamment rapporté un conflit foncier meurtrier à Guiglo, une affaire différente mais qui rappelait la sensibilité de la question foncière dans certaines régions.
Dix-huit suspects placés sous mandat de dépôt
À la suite des affrontements, le parquet près le tribunal de première instance d’Abobo a ordonné l’ouverture d’une enquête. Celle-ci a conduit à l’interpellation de dix-huit personnes. Après leur présentation à la justice, elles ont été inculpées et placées en détention provisoire.
La liste des infractions visées est longue. Elle comprend notamment le meurtre, les troubles à l’ordre public, la détention illégale d’armes à feu, l’association de malfaiteurs, le vol de nuit en réunion, les coups et blessures volontaires ainsi que la destruction de bâtiments par incendie.
Ces qualifications correspondent au stade actuel de la procédure. Elles ne constituent pas une condamnation. Les personnes mises en cause restent présumées innocentes jusqu’à une décision définitive de justice.
L’enquête doit distinguer les responsabilités
L’information judiciaire doit permettre de vérifier les témoignages, d’examiner les éléments matériels et de déterminer si des armes ont effectivement été utilisées. Elle devra aussi préciser les circonstances de chaque décès, retrouver la personne disparue et évaluer l’étendue des dommages.
Dans une affaire impliquant plusieurs groupes et de nombreux suspects, la justice doit éviter les accusations collectives. L’enjeu consiste à établir des faits précis pour chaque individu, tout en protégeant les témoins et en empêchant de nouvelles représailles.
Les violences communautaires peuvent être aggravées par les rumeurs diffusées en ligne. Les informations non vérifiées sur l’identité des victimes ou des auteurs présumés risquent d’alimenter la peur. Les conclusions de l’enquête seront donc très attendues par les habitants de Kossandji et des localités voisines.
Le défi du retour au calme à Kossandji
Au-delà de la procédure judiciaire, le retour au calme dépendra aussi du dialogue entre les habitants. Les autorités administratives, les responsables communautaires et les familles concernées devront empêcher que le drame ne provoque un nouveau cycle de violences.
En 2021, AfrikMag avait suivi des affrontements intercommunautaires à Abobo. Chaque crise a ses causes propres, mais ces précédents montrent l’importance d’une intervention rapide et d’une communication factuelle.
À Kossandji, les priorités immédiates restent la prise en charge des blessés, la recherche de la personne disparue et la sécurisation de la zone. L’enquête devra ensuite apporter des réponses aux familles des victimes et clarifier la piste du différend foncier évoquée depuis les événements.



